Choisir une école Montessori

En septembre dernier, notre fille devait faire sa première rentrée à l’école. Une grande étape plus stressante pour nous, parents, que pour elle: est-ce qu’on l’a bien préparée ? Est-ce qu’elle a bien compris ? Est-ce qu’elle aura stoppé les couches à temps ?

J’avais déjà commencé de regarder les écoles Montessori, mais sans m’être vraiment renseignée, j’étais restée sur le fait que ça coûtait trop cher. Nous avons donc suivi la procédure classique: inscription auprès de la mairie, sélection de l’école de notre secteur, et visite des lieux. C’est là que tout se complique: la directrice est désagréable, avec des principes old school (du genre à prôner le coin et la fessée), les lieux sont vraiment moyens et Naïa n’a pas voulu se décrocher de moi une seconde.

Le discours de la directrice a continué de me mettre mal à l’aise: un si petit enfant, on ne le laisse pas toute la journée, mieux vaut privilégier le mi-temps, on ne le laisse pas à la cantine car c’est épuisant pour lui, et puis de toute façon, les maîtresses n’ont pas le temps de s’en occuper. En effet, 70 enfants de 3 à 4 ans répartis en 2 classes, ça fait beaucoup… L’idée, c’était donc que les classes fassent double niveau (PS et MS), et que la maîtresse s’occupe le matin des petits, l’après midi des grands. Si ton enfant ne dort pas de 13h30 à 16h30, alors je ne sais pas ce qu’on en fait…

Après cette rencontre, j’étais vraiment perturbée: je n’ai pas senti ma fille à l’aise dans cet environnement, je ne suis pas sereine à l’idée de la laisser là, et on me colle l’étiquette de mère irresponsable si je lui fais faire plus que 8h30-11h30.
Je me suis donc renseignée plus activement sur les écoles privées autour de chez nous: elles sont toutes catholiques. Si je n’ai rien contre le fait de confronter ma fille à différentes religions, là il n’y en a qu’une et l’apprentissage de la foi représente une part importante de l’emploi du temps.
Je retourne alors sur les sites des deux écoles Montessori autour de chez nous, et je regarde plus en détails le projet pédagogique, les lieux, l’organisation: c’est ça que je veux pour ma fille !

Mais concrètement, comment ça marche une école Montessori ?

C’est une école totalement privée, c’est à dire qu’elle n’est pas sous contrat et ne perçoit aucune aide de l’état. C’est pourquoi ça a un coût: seuls les versements mensuels des parents permettent de verser les salaires, payer les charges, le matériel, l’entretien des lieux…
Pour la vie quotidienne, je me base sur le fonctionnement de l’école de ma fille en particulier, mais ce sont des éléments que vous retrouverez généralement, dans n’importe quelle école Montessori.
Il y a deux « ambiances » (= classes) selon l’âge et les capacités de l’enfant : les 3-6 ans et les 6-12 ans. Les deux groupes sont dans des salles différentes, mais partagent la récréation.
Les maîtresses sont ici des éducatrices. Il y a également une assistante, qui s’occupe en particulier des besoins des plus petits (les accompagner aux toilettes, les aider à se chausser, les changer s’il y a eu un petit accident de pipi, calmer les chagrins…).

Dans la classe de ma fille, il y a environ 30 petits pour 3 éducatrices, ce qui permet donc de les accompagner en petits groupes. L’une d’entre elle est irlandaise, et est présente à temps plein: il n’y a pas de cours d’anglais à proprement parler, mais elle s’adresse toujours à eux dans cette langue. Après seulement quelques mois (Naïa est entrée en janvier), je vois déjà que ma fille est plus familière avec cette langue: elle nous dit souvent « let’s go », « hello », et elle appelle l’éducatrice, Julie, « how are you » (prononcé plutôt « awayou » il faut l’avouer).

Dans la journée, il y a comme dans une école classique des temps d’apprentissage, et des récréations. La différence se trouve dans les méthodes utilisées pour apprendre aux enfants.
L’idée est de les responsabiliser, de leur apprendre à faire seul (plutôt que de faire à leur place) et de leur apprendre les concepts avec des choses concrètes (apprendre à compter avec des perles…). Ils ont pour cela tout un tas de matériel: un fer à repasser adapté (qui chauffe vraiment, pour leur apprendre de faire attention), des objets de transvasement, de la peinture, des planches à serrures, des jeux d’empilement…

Ils y apprennent les mathématiques, le calcul, l’histoire, la géographie, la lecture, l’écriture, les sciences, le temps… Leur langage est enrichi grâce à des objets du réel.
Pour cela, ils ont du matériel concret.

 

Une journée type dans une école Montessori:

8h30-9h: accueil des enfants, selon leur rythme (lève tôt ou matin difficile!)
9h-10h: apprentissage
10h: pause collation, les enfants choisissent un fruit à éplucher seul ou accompagné
10h30-11h15: apprentissage
11h15-13h30: repas commun (soit un plateau d’un traiteur bio végétarien local, soit on prépare le repas qu’on laisse au frigo) puis récréation
13h30-16h30: sieste pour ceux qui le souhaitent ou apprentissage, activités collectives…
16h30-17h: les parents viennent chercher les enfants

On a la possibilité de les laisser à la garderie à 7h30 et/ou de les récupérer à 18h selon nos obligations au travail par exemple. La contrepartie de ces plages horaires assez larges, c’est qu’il n’y a pas école le mercredi, comme dans certaines écoles publiques.

Une fois par mois, l’école organise une sortie (musée, ferme, nature, aérodrome…).
Ils ont des activités toutes les semaines: yoga, danse et musique pour les 3-6 ans. A cela vont s’ajouter du théâtre et des séances de philosophie (oui oui, pour les petits aussi!).
Régulièrement et quand ils en ont envie, ils préparent tous ensemble un bon gâteau qu’ils se partagent au goûter.

 

Ce que j’aime vraiment:

Le fait que ma fille entende quotidiennement l’anglais
Pas de pression s’ils ne sont pas encore « propres »
La diversité des activités proposées
La bienveillance des éducatrices
Le respect du rythme de chaque enfant (heure d’arrivée, sieste ou non…)
Les éducatrices mangent la même chose que les enfants, en même temps qu’eux
L’accompagnement dans l’autonomie
Pas de jugement de valeurs, de normes, de « ce qui doit être acquis »
Les cochons d’Inde et le potager dans la cour dont il faut s’occuper
L’entraide entre les enfants: les grands aident les petits
Le côté lié avec l’alimentation bio, végétarienne, respectueuse de la nature
La proximité avec l’équipe éducative: on est impliqué en tant que parent dans la vie de l’école
L’éducation bienveillante, pas de punitions, beaucoup de dialogue, des mots choisis pour encourager

Et tant d’autres choses !

Oui, ça a un coût.
Celui ci peut varier en fonction des écoles, nombre d’enfants inscrits, ville… Je ne peux pas vous donner de moyenne car ça varie tellement, de 160 € (jamais vu ça!) à près de 1000 € a priori (à Paris j’imagine ?).
C’est une concession, je l’avoue. Mais j’entends souvent des parents, bien plus aisés que nous, dire que « c’est trop cher ». Pour moi, éduquer un enfant ça se fait à la maison mais aussi à l’école: il y passe les 3/4 de sa journée, et j’ai besoin de savoir que les valeurs qui lui sont enseignées sont celles qu’on veut lui transmettre.
Je ne considère pas l’école comme une garderie gratuite, sinon en effet, je l’aurais mise à l’école publique bof bof de notre quartier.
Enfin, et dernier point, pour la faire garder quand elle était plus petite, on déboursait davantage pour la nounou. C’était cher, mais on n’avait pas le choix. Et bien pour l’école, on ne se le laisse pas non plus 😉

Honnêtement, je suis presque contente de faire le virement chaque mois quand je vois le bonheur qu’elle a d’aller à l’école, et la sérénité qu’on a en tant que parents de la laisser dans cet endroit.

1 Commentaire

  1. S’il nous restait un soupçon de doutes, les voilà balayés ! Nous avons RDV avec la directrice le 1er avril… Merci Laurie !

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