Mes enfants ne vont pas à l’école et ils vont bien

école à la maison

Alors que mon dernier article remonte à plusieurs mois (notre mariage, c’est dire !) une question est revenue très souvent : mais ils ne vont pas à l’école tes enfants ?!
Si Noa est encore un peu petit (il a eu 2 ans en mai), Naïa, elle, devrait connaître sa rentrée en CP pour ce mois de septembre, et pourtant, elle n’ira pas. Retour sur notre expérience de la non-scolarisation !

Avant propos

J’ai toujours été fascinée, impressionnée même par ces parents qui faisaient l’école à la maison : quel courage ! Je me disais à l’époque que je n’en serais évidemment pas capable : pas assez de courage, de temps, d’énergie, de créativité, et même d’envie. J’ai besoin d’avoir la tête qui fourmille et 10 000 idées à la minute. Je suis contradictoire car je veux un travail qui me permette d’être là tout le temps pur mes enfants, mais je ne m’épanouis pas en étant QUE maman.
Je suivais avec admiration des comptes de parents qui 
font l’école à la maison mais JAMAIS je ne me serais imaginé oser le faire. Par ailleurs, on a travaillé et on travaille toujours tous les deux à temps plein.

L’école à la maison par obligation

Naïa est allée dans une école Montessori de ses 3 ans (début 2017) jusqu’à ses 4 ans (juin 2018). Tout se passait bien, même si c’était bien-sûr un sacré effort financier : un peu plus de 500 € par mois, hors cantine, hors mercredi, hors garderie. C’est un vrai choix qu’on a fait pour elle, car c’est ce qui nous plaisait le plus pour sa scolarité : respect du rythme de l’enfant, activités concrètes, plus de souplesse… J’en parlais d’ailleurs ici dans un article plutôt complet.
Tout se passait plutôt bien (il y a eu 2 changements de l’équipe éducative, où on a à chaque fois perdu un peu du côté Montessori qu’on aimait) mais pendant les vacances d’été 2018, à un peu plus d’une semaine de la rentrée, coup de massue : un mail de la directrice qui nous annonce que suite à une mauvaise santé financière, l’école ne rouvrira pas ses portes en septembre. Boum.

Passées les questions logistiques (on travaille tous les deux à temps plein : mais comment on va gérer ?!), on s’est dit qu’avec le déménagement à venir en décembre, ce serait compliqué et déstabilisant de l’inscrire dans une nouvelle école pour 2 mois. Décision prise : on va tenter « l’école à la maison ».

école à la maison

Quelle est la bonne façon de faire l’école à la maison ?

Spoiler : il n’y en a pas !
Je croyais avant cette expérience qu’il n’y avait qu’un moyen, alors qu’en réalité il existe beaucoup de façons de faire. Je reviens avec vous sur les deux grandes tendances qu’on distingue.

L’école à la maison ou IEF (instruction en famille) ou homeschooling
Dans ce cas de figure, on part du principe qu’on fait comme à l’école, mais chez soi. On s’appuie donc sur un programme et sur des bases qui doivent être acquises à chaque période.

Les apprentissages autonomes ou informels ou unschooling
Il s’agit de faire confiance à la capacité d’apprentissage de l’enfant à travers les choses du quotidien : tout devient une occasion d’apprendre.

Beaucoup de parents se situent entre les deux : ils ont des supports de base pour les grands apprentissages (écrire, compter…) mais lâchent prise sur la façon dont ce savoir est appris.

ief unschooling

Personnellement, c’est l’unschooling que nous avons choisi : nous n’avons donc aucun support officiel ni temps de travail imposé. Bien évidemment, ça ne veut pas dire que les enfants sont devant la télé toute la journée, ou qu’on reste enfermés à leur donner notre téléphone. Ca veut dire qu’on n’impose pas un temps de travail quand on l’a décidé, mais qu’on est attentif au quotidien à leurs périodes sensibles et à leurs centres d’intérêt. En fonction de ça, on décline pour proposer différents savoir.
Par exemple : Naïa a commencé en septembre dernier à avoir un grand intérêt pour les planètes. Ca a été l’occasion pour nous de lui parler du système solaire, de fabriquer et peindre des planètes, d’apprendre leurs noms et ceux de leurs satellites, de les classer de la plus petite à la plus grande, de les compter, de les mettre dans l’ordre à partir du soleil, d’écrire leurs noms, de visiter le planétarium…
Mais ça peut aussi être dans les actions du quotidien : on va au marché tous les jeudis, elle écrit sa liste de courses avant de partir, apprend le nom des fruits et légumes, déchiffre leur prix, compte les tomates/citrons/autres qu’on met dans notre sac, en enlève un et calcule combien il en reste… puis on rentre à la maison et on cuisine, pèse les ingrédients, ajuste la quantité… Ou bien encore elle nous voit travailler, fait un dessin, prend une chute de tissu, la mesure, la coupe et en fait une robe pour sa Barbie avec des épingle.
Bref, vous l’aurez compris, les sources de savoirs sont là, devant nous, et non dans des manuels ! Evidemment, en ayant un quotidien qui permette à l’enfant de faire ses apprentissages, donc en sortant, en visitant, en découvrant avec lui.

Ca demande une certaine ouverture d’esprit et un sacré lâcher-prise sur ce qu’on connaît – les fameuses cases dans lesquelles il faut rentrer : à 6 ans on doit savoir lire, à 8 ans faire des divisions… On part en tout cas d’un constat simple : on n’apprend pas à marcher ou à parler à un enfant : on montre, on accompagne, mais c’est lui et lui seul qui décide quand il est près, et quand il se lance. Pour les apprentissages, c’est pareil : on est là, on propose, on s’intéresse nous aussi. Ils accumulent sans pouvoir forcément poser de mots sur tout ça, et un jour, ils arrivent avec ce nouveau savoir qui semble venir d’un coup, et qui en fait a été intégré pendant des semaines, voire des mois.

unschooling

Vos questions les plus fréquentes

Il y en a toujours des tas ! La plupart du temps, il y a 3 camps : ceux qui adorent mais ne pensent pas pouvoir le faire (pour les capacités ou à cause de leur travail), ceux qui désapprouvent car ils ont besoin que leur enfant aille à l’école, les instits qui se fâchent parce que ce métier ne s’improvise pas. A chaque fois, c’est très enrichissant d’échanger.

Mais l’école, c’est obligatoire !
Non, c’est l’instruction qui l’est, de 3 à 16 ans : qu’elle se fasse à l’école ou en famille. On vient de passer à une « école obligatoire dès 3 ans » comme le gouvernement aime le dire, mais c’est en réalité l’instruction obligatoire dès 3 ans.
A partir de 6 ans (peut être 3 ans du coup maintenant ?) il faut déclarer l’enfant non-scolarisé. On a ensuite un contrôle annuel pour vérifier que le socle commun des apprentissages est tenu par rapport à l’âge de l’enfant.

T’as pas peur qu’ils ne se socialisent pas ?
Pas vraiment, en tout cas pas plus qu’avec l’école. Je m’explique.
Un enfant qui va à l’école est forcément entouré d’autres enfants, mais n’est pas forcément sociable. Au contraire, il peut même se renfermer sur lui-même car cette obligation d’avoir des copains, des amoureux/ses ne lui plait pas.
Il est toutefois, d’après moi, important de faire régulièrement des sorties dans différents lieux : au marché, au parc, au musée, au restaurant, au cinéma, faire une activité sportive… et lui donner la possibilité d’interagir avec d’autres (enfants ou adultes).

Comment tu fais pour travailler et faire « l’école » ?
C’est une organisation ! Je ne vais pas vous mentir, parfois c’est sportif, notamment lorsque j’ai une to-do list longue comme le bras et une grande fille qui a envie de savoir pourquoi la gravité n’est pas la même dans l’espace que sur Terre, ou de savoir comment on écrit tel ou tel mot en anglais.
Aucune journée ne se ressemble mais globalement, le matin je suis plutôt cool, avec les enfants, les sorties etc. L’après midi je travaille souvent jusqu’à l’heure du repas (bien tassée, vers 20h30) donc ils jouent seuls, ils vont dans le jardin, ils lisent des histoires, jouent à transvaser de l’eau/des cailloux, vont voir les poules… Et souvent, le soir, Naïa est en demande, donc on explique, on cherche (et non, on n’a pas toutes les réponses !).
Pour ma part, c’est un vrai choix de vie : j’aurais pu comme la plupart des mamans travailler en extérieur. Mais j’ai ce besoin pour être épanouie d’être là physiquement. Je ne voulais pas me cacher derrière un « je peux pas » et j’ai donc pensé ma vie professionnelle comme ça : qu’est ce qui me permet de gagner de l’argent tout en m’occupant de ma famille ? Créer mon travail moi-même ! Encore une fois c’est un choix personnel et il ME convient. D’autres seront heureux d’avoir leur journée de travail en dehors de chez eux et sans enfants, c’est un choix propre à chacun.

Ca coûte cher
Pas besoin de grands voyages ou d’activités onéreuses pour faire l’école à la maison : aller au marché, faire la cuisine, observer le ciel, faire des balades en forêt… sont autant d’occasion d’apprendre sans dépenser 1 €.
En revanche, oui, il faut arrêter ou adapter son activité professionnelle, donc ça peut représenter une entrée d’argent moins élevée.

J’aimerai bien mais j’ai pas les capacités
C’est un vrai investissement de sa personne : s’intéresser à tout, avoir des moments vraiment réservés à l’enfant, mais c’est à la portée de tous. Encore une fois, à condition d’avoir un train de vie qui s’y prête (passer la journée sur FB n’est pas encore reconnu comme instructif !)

Jusqu’à quand c’est possible ?
Il n’y a pas d’âge limite : on peut tout à fait ne jamais aller à l’école !
Si les enfants le souhaitent, ils peuvent passer les diplômes (brevet, bac, licence et autres) en candidat libre et s’y préparer en amont. De notre côté, on n’a pas défini d’âge maximum : on verra où le vent nous porte ! On leur parle de l’école, dès qu’on passe devant ou qu’on rencontre des enfants. Pour le moment, on attend que la demande vienne d’eux, on en reparle dans quelques années ? 🙂

 

Bien-sûr, la liste des questions n’est pas exhaustive, n’hésitez pas à nous poser les vôtres en commentaire !

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