Espèce de mère parfaite

J’ai une liste longue comme le bras d’articles à écrire. Je voudrais vous parler de l’école à la maison, de mon nouveau projet Happy Maker, de notre mariage, du deuil que je dois faire. Cet article n’était pas prévu mais il avait besoin de sortir, après tout c’est aussi fait pour ça un blog, non ?

Souvent je m’exprime sur des sujets qui font partie de mon quotidien : le portage, l’allaitement, la vie d’entrepreneur, le cododo, l’éducation bienveillante… J’en parle parce qu’ils représentent ma vision de la maternité, ma façon d’élever mes enfants. J’ai beau y mettre toutes les formes possibles, il y a TOUJOURS au moins une personne qui se sent agressée et m’agresse à son tour.
C’est le jeu me direz vous, quand on expose son point de vue sur Internet, on accepte implicitement d’être la cible de ceux qui ne sont pas d’accord.

Dernièrement, j’ai expliqué en story sur Instagram que j’avais été témoin d’une scène qui m’a rendue triste et mal à l’aise en récupérant mon fils à la crèche. J’ai raconté cette histoire en essayant de garder à l’esprit que c’est toujours un moment isolé, qu’on ne connait ni le contexte, ni la journée vécue par cette maman avant, et que donc ça aurait pu influencer son comportement ce jour là.

C’est vrai que, même si j’essaye de rester ouverte au maximum, je prends un peu parti. Je prends parti car j’ai de la peine pour cet enfant et pour cette maman, parce que je connais cette peur qui paralyse quand on nous crie trop fort dessus, mais aussi parce que je sais à quel point on se sent mal quand on a le réservoir de colère qui déborde en tant que parent. Est-il possible de raconter une histoire de ce genre sans aucun jugement ? J’ai du mal à y croire : raconter simplement les faits quand on parle de sujets aussi délicats que les violences éducatives ordinaires (ou l’allaitement, le cododo…) implique plus ou moins un jugement. Si je vous dis « je suis allée chercher mon fils et j’ai vu une maman gifler son fils ». Je n’ai émis aucun jugement, et pourtant on peut percevoir que ce n’est « pas bien » d’après moi.
Etant consciente de ça, je mets à chaque fois les formes et réfléchis à plusieurs reprises pour m’exprimer sans froisser personne, mais à chaque fois, j’ai des remarques pour me dire que j’apporte un jugement, que je ne connais pas la vie de cette personne, que peut être elle a passé une mauvaise journée. La tentation est grande de ne plus rien dire du tout, ou de ne plus oser parler des sujets qui fâchent, et pourtant je fais le choix de continuer à en parler. Je continue car j’ai besoin de semer des graines, car j’ai de nombreux retours de parents qui ont évolué dans leur façon de voir les choses. Moi même, à la naissance de ma fille, je n’étais pas prête à entendre tout ça, je me sentais jugée et j’étais agressive quand je recevais des conseils ou des alternatives pour faire mieux. Et pourtant, sans ces messages qui m’énervaient profondément à l’époque, je n’aurais probablement pas évolué.

On en vient donc à un autre sujet : la culpabilité. C’est un des points qui revient le plus « ce que tu dis est culpabilisant ». La culpabilité est quelque chose de très personnel, je ne peux pas vous faire culpabiliser si vous êtes totalement à l’aise avec vos choix. J’ai des conversations passionnantes avec des mamans qui ont choisi le biberon en toute connaissance de cause, qui me disent elles mêmes qu’elles savent que le lait maternel est le meilleur mais qu’elles ont préféré donner le biberon. A aucun moment elles ne culpabilisent de ce choix car il est assumé à 100%.
Je sais qu’en prenant la parole sur tous ces sujets, je bouscule les mentalités, je ne fais pas toujours plaisir, mais au moins je sème des graines et je fais ma part pour mettre en lumière certaines choses. Quand on n’est pas prêt à entendre les choses et à se remettre en question, on est sur la défensive et c’est ok, chacun fait son chemin à son rythme. En revanche, s’il ne fallait retenir qu’une chose de cet article, ce serait celle ci : dès que vous vous sentez agressé, culpabilisé, gêné par un message, demandez vous pourquoi.

1 Commentaire

  1. Il faut bien que la parole soit libre et qu’elle circule si on ne veut pas entendre un seul son de cloche. On évolue tous, à notre rythme, et parfois on n’est pas prêt à entendre certaines choses… il faut laisser du temps au temps pour accepter et intégrer de nouvelles idées et façons de faire. Merci Laurie pour tes posts toujours pertinents

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