Faire le choix d’un accouchement naturel

Je l’avais évoqué plusieurs fois dès le début de ma grossesse: cette fois-ci, je voudrais un accouchement naturel !
J’entends par là un accouchement avec le minimum d’intervention médicale, sans péridurale et sans déclenchement pour accélérer, évidemment si tout se passe bien.

 

Pourquoi vouloir accoucher sans péridurale ?

Premièrement, parce que j’ai très mal vécu mon premier accouchement et les suites de couches.

Pour replanter le décor, c’était le 5 décembre 2013. A 5h30 j’ai fissuré la poche des eaux à 40+3 SA. On est arrivés à la maternité vers 8h, après avoir pris un bon petit déjeuner (heureusement !). En arrivant, on ne me croit pas, on fait un test: j’avais raison, c’était bien du liquide amniotique. Le col est long, postérieur et fermé, on appelle le gynéco qui m’a suivie (j’accouche en clinique, c’est lui qui est censé m’accoucher). Il me fait extrêmement mal, je pleure et je saigne. J’apprends plus tard qu’il m’a fait un décollement de membranes sans m’avertir.
On me place en salle de travail (déjà !) et on m’explique qu’il faut percer la poche des eaux, et que comme les contractions seront trop intenses, on doit me poser la péridurale tout de suite. Je réussis à négocier 30 petites minutes pour aller marcher, le temps d’aller chercher la valise dans la voiture, appeler nos proches pour les prévenir que c’est le grand jour… Je retourne dans la salle et la sage femme vient me poser le cathéter, et me fait une perfusion avec du Syntocinon car « ça risque de durer longtemps et j’ai un apéro à 19h, j’aimerai bien que vous ayez accouché avant ». L’anesthésiste arrive, me pose la péridurale, et on me perce la poche des eaux dans la foulée. Mon col était ouvert à 1 cm … Premier bébé, je leur fais une confiance aveugle.
Je trouve le temps long, et vers 13h, mon homme part manger et se dégourdir les jambes. Quand il revient 45 minutes plus tard, je chouine: j’ai mal du côté droit et on me force à m’allonger sur ce côté, je ne sais pas pourquoi. On me redonne une dose de péridurale. J’ai toujours mal de ce côté, tandis que je ne peux même pas bouger mes orteils.


J’ai soif, j’ai faim mais on ne m’autorise rien, j’arrive tout de même à soudoyer chéri qui me file quelques gorgées de coca en cachette. La sage femme revient et me dit que le rythme du bébé ralentit, elle me fait respirer dans un masque une dizaine de minutes jusqu’à ce que le gynéco arrive: pour lui ce n’est pas nécessaire, on enlève le masque.
La journée défile comme ça, c’est hyper long car je ne peux rien faire, et le papa s’endort à moitié ! Au bout d’un moment, tout le monde doit trouver que ça traine car on me dit que ça y est, je vais pouvoir pousser. On m’installe les pieds dans les étriers, et on me dit de pousser à 18h15. Je n’en ai pas vraiment envie, disons que je n’en ressens pas le besoin, donc j’exécute les ordres: on me dit de pousser, je pousse. Je me souviens qu’il faut bien relâcher les fesses pour que ce soit efficace, et ça a l’air de marcher, elle descend bien et la sage femme me dit qu’elle voit les cheveux !
Sur la poussée suivante, je ferme les yeux mais j’entends de l’agitation. Je les ouvre et je vois la sage femme qui fait « non » de la tête, qui appuie fort sur mon ventre, le gynéco qui attrape sa paire de ciseaux et crac, je comprends dans le regard atterré de mon homme que j’ai honoré le nom de ce blog et ai subi une épisio.
18h33, ma princesse est là. Elle a un anévrisme du cordon, est toute endormie et ne cherche absolument pas le sein. On me dit qu’on viendra me la mettre au sein le lendemain, que ce n’est pas grave si elle ne tète pas les premières 24h.

Bref, de cet accouchement je retiens: une volonté d’accélérer les choses sans aucune raison, des gestes médicaux qui ne m’ont pas été annoncés (décollement, épisiotomie), une épisio inutile (ma fille était presque sortie et la sage femme l’a confirmé), une péridurale posée beaucoup trop tôt et sans que je ne la réclame. En gros, j’ai l’impression d’avoir posé mon corps sur le lit, et que chacun a fait ce qu’il a voulu, oubliant que j’étais censée vivre la plus belle rencontre de ma vie.
S’en est suivi un séjour très difficile: grosse déprime, personne pour se préoccuper de mon moral, des douleurs atroces suites à un hématome au niveau des points (qui étaient trop serrés), un bébé extrêmement nerveux qui n’a tété qu’à 48h de vie (personne n’est venu m’aider à la mettre au sein), elle était affamée et n’arrivait pas à attraper le sein, j’ai essayé pendant 2 jours de l’allaiter, sans succès. Une puéricultrice m’a dit que si ça ne marchait pas, c’est que je ne voulais peut être pas vraiment allaiter, et une autre m’a presque jeté un biberon quand j’en ai demandé un, accompagné d’un gentil « faut savoir, je croyais que vous vouliez donner le sein ». On m’a culpabilisée car ma fille avait perdu beaucoup trop de poids (forcément…), j’avais perdu beaucoup trop de sang, ce qui m’a valu un séjour rallongé, et la déprime avec.

Je pensais déjà que tout était lié: la péridurale pendant beaucoup trop longtemps, la nervosité de ma fille, l’allaitement raté, un bon baby blues… J’en ai maintenant la certitude, j’explique pourquoi un peu plus loin.
Pour ce deuxième accouchement, je voulais donc tout l’inverse: le moins de personnel possible, et aucun geste médical non vital si je n’en fais pas la demande. Je voulais être l’actrice principale de la naissance de mon enfant.

Deuxièmement, parce que ça correspond davantage à mon caractère et à mes convictions: le corps humain est capable de faire seul, bien mieux et souvent plus vite que lorsqu’on l’endort pour ne pas avoir mal.
Je suis du genre à ne prendre un médicament que lorsque VRAIMENT je ne supporte plus la douleur. Par exemple, j’ai attendu que ma trompe explose littéralement lors de ma grossesse extra utérine pour consulter, car je pensais gérer la douleur jusque là. Je peux me trainer une migraine affreuse pendant 3 jours avant de prendre un Doliprane… Bref, je préfère laisser mon corps gérer l’anomalie plutôt que de lui donner un médicament. Pour un accouchement, la douleur est bien différente: j’ai mal mais je ne souffre pas car je sais pourquoi j’ai cette douleur, elle m’aide à mettre au monde mon bébé, c’est une douleur saine, je n’ai pas envie de la camoufler, de ne plus la ressentir.

 

Être bien entourée 

Pour vivre un accouchement naturel, je pense qu’il faut être bien entourée: du personnel en qui on a confiance, le papa ou la personne choisie pour assister à la naissance, et que tout le monde soit briefé sur vos envies. De cette façon, vous n’aurez qu’à rester concentrée sur le moment présent et entrer dans votre bulle.
Être en confiance est primordial: l’ocytocyne, hormone qui aide le travail à avancer, est timide, elle ne se libère que dans une ambiance propice (pénombre, confiance, détente, silence…). Selon le suivi choisi, vous ne connaitrez pas forcément l’équipe qui sera sur place ce jour là. Pour que vos choix soient connus, je vous conseille donc de rédiger un projet de naissance (je parlerai du mien dans un prochain article) et de briefer le papa (ou la personne qui vous accompagnera) : vous n’aurez qu’à vous concentrer sur le travail.

Gérer les modalités

Si vous souhaitez accoucher le plus naturellement possible, la première chose à faire est de vous renseigner sur votre maternité. Vous pouvez en théorie accoucher sans péridurale dans n’importe quel hôpital, mais c’est plus agréable quand le personnel est particulièrement formé à l’accompagnement, s’il y a une salle nature etc.
Pensez aussi à vous renseigner sur les éventuelles prestations non remboursées: par exemple, l’astreinte de ma sage femme et la location du plateau technique ne l’étaient pas. C’est un petit budget, mais je ne regrette pas une seule seconde !

Se préparer

C’est bien là le principal !
Pour vivre un accouchement naturel serein, il faut à mon sens : être sûre de soi (pourquoi on le fait) et bien se préparer. Comment ? Grâce à des livres, beaucoup, des témoignages de mamans l’ayant vécu, pour savoir à quoi s’attendre et connaître les étapes. Vous pouvez apprendre à vous relaxer grâce au yoga ou à la sophrologie, et vous préparer aux positions naturelles qui vous soulageront, comme les méthodes de Gasquet ou Bonapace. L’acupuncture ou encore la piscine pourront apaiser vos douleurs et vous préparer à l’accouchement.
Je suis convaincue que si on comprend ce qui se passe (pourquoi j’ai mal ? que fait mon bébé ?), on vivra beaucoup mieux la douleur (qui ne deviendra donc pas une souffrance).

Prochains épisodes : ma préparation à un accouchement naturel et mon récit d’accouchement (elle a réussi ou pas ? 😜)

3 Commentaires

  1. Comme on se ressemble… comme mon premier accouchement ressemble au tien (confiance aveugle, travail qui ralentit, poussées dans le vide, forceps episio et appuyer sur le ventre)… comme l’envie d’avoir quelque chose de différent la 2ème fois te ressemble… ce projet de naissance discuté et préparé… même la prise de médicaments en tout dernier recours, quelles que soient les circonstances !
    Coup de chance, je n’ai pas eu à me poser beaucoup de questions, Mademoiselle Patate (Bebe 2) ayant débarqué à la maison en même pas 2H : juste Papa en guise de sage femme.
    Hâte de savoir la suite !

    1. Je crois qu’au fond de moi ça me fait rêver un accouchement à la maison, rien qu’avec le papa !

  2. […] je vous le racontais dans cet article, j’ai choisi d’accoucher sans péridurale (si j’arrivais à supporter la […]

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