L’allaitement, nous et mes indispensables

L’allaitement, ce n’est pas vraiment un choix pour moi. Je veux dire, je ne me suis jamais vraiment dit « est-ce que je veux allaiter ? » car il n’y a pas d’autre option que celle-ci pour moi. Je suis naturellement faite pour ça, c’est naturel, incroyable, gratuit, à bonne température, en libre accès 24h/24 et même la technologie actuelle ne permet pas de faire un procédé si complexe (non mais quand même, le lait qui évolue en même temps que l’enfant, et au fur et à mesure de la tétée, on en parle ?!). Il faut aussi dire que ça crée un lien unique entre la maman et le bébé, et je ne me vois pas faire le choix délibéré de donner un biberon plutôt que mon sein rempli de lait ! (prise de position assumée, check !)

Lorsque j’ai accouché de ma fille, on ne me l’a pas mise au sein et je ne savais pas l’importance que ça avait, de la laisser trouver seule le sein dans ses premières minutes de vie. Elle a passé sa première journée à dormir, et n’a tété pour la première fois qu’au bout de 48h. Elle était affamée et donc elle hurlait, n’arrivait pas à attraper le sein car elle ne refermait pas la bouche, et s’est donné de la fièvre à force de hurler. Je me suis retrouvée là, avec un petit bébé transpirant et inconsolable, j’étais complètement stressée et le baby blues a commencé.
J’ai essayé, jour et nuit, de lui donner le sein. Pendant des heures, inlassablement. Elle se calmait 5 minutes, s’endormait d’épuisement, puis se réveillait à nouveau en hurlant. Je n’ai pas dormi pendant 48h, à cause de la douleur de l’épisio et de ses pleurs. Je demandais de l’aide pour la mettre au sein, ce qui avait l’air d’énerver tout le monde, jusqu’au quatrième jour où on m’a dit « je n’y arrive pas non plus, mettez la à la nursery si vous voulez ». C’était évidemment hors de question (je ne l’ai jamais laissée dormir ailleurs à 3 ans et demi, alors imaginez à 4 jours !).
On m’a ensuite mis la pression et culpabilisée: elle avait perdu beaucoup trop de poids par ma faute et mon acharnement. On m’a dit qu’il fallait la complémenter au lait artificiel, avec un petit tuyau qui passait le long de mon petit doigt. Rapidement, je l’ai vue apaisée, endormie. Les compléments se sont alors transformés en tétée principale, et j’ai demandé un biberon. On m’a répondu « faut savoir, je croyais que vous vouliez allaiter ». Elle a rapidement repris du poids, tout le monde était content.
Tout le monde sauf moi. Mon dieu, quel sentiment d’échec, même pas capable d’allaiter son enfant, même pas capable de tenir tête au personnel et de ne pas céder à l’appel du biberon… Je me suis détestée, sentie nulle et inutile: si n’importe qui peut lui donner un biberon, qu’est ce qui fait que c’est de moi dont elle a besoin ? Je n’arrivais même pas à la calmer dans ses crises de pleurs, tellement j’étais moi même une boule de nerfs.
On m’a donné des médicaments pour stopper la montée de lait et ne pas trop souffrir: je ne les ai jamais pris, c’était comme dire officiellement « ok, j’abandonne ». J’ai essayé plusieurs fois par semaine de lui proposer le sein jusqu’à ses 3 mois, mais rien à faire. Je me suis alors résignée, mais je ne pouvais pas en parler sans avoir les larmes aux yeux jusqu’à il y a peu de temps.
Le pire c’est que je n’avais jamais pensé à l’éventualité que ça ne puisse « pas marcher »: je n’avais même pas acheté de biberons !

Souvenir d’une tétée câlin, la première et la dernière

Autant vous dire que 3 ans plus tard, pour la naissance de mon fils, j’étais non seulement blindée niveau motivation, mais j’ai surtout beaucoup plus de connaissances à ce sujet. Je crois que psychologiquement j’aurais eu beaucoup de mal à passer au-delà d’un nouvel échec.
C’était dans mon projet de naissance: je voulais que la première tétée se fasse le plus tôt possible, idéalement dans les 30 minutes suivant sa naissance. Ce souhait a été respecté puisqu’on l’a laissé trouver le sein, tout seul, peu après qu’on me l’ait posé dessus pour la première fois. C’était magnifique de le voir se guider à l’odeur, les yeux à peine ouvert, avec déjà une folle envie de téter !

Les moments qui ont suivi, il a été énormément au sein, et ma montée de lait s’est faite le deuxième jour. Pendant ce temps, j’ai commencé à avoir vraiment mal: j’avais les tétons en feu, violets/marrons, et j’ai eu des petites crevasses. J’ai bien sûr revu sa position plusieurs fois, qui était bonne. J’étais rendue au point de redouter chaque tétée, de me crisper de douleur dès que je le mettais au sein. Malgré tout, j’étais tellement déterminée que je m’étais préparée mentalement à avoir mal au départ.
J’ai un sein ombiliqué, c’était un (presque) premier allaitement et il a le frein de langue court, je pense que ça peut en partie expliquer les douleurs de la mise en route. Il me semble que c’est une étape à passer (il y a des femmes qui n’ont jamais eu aucune douleur au début ?), pour « préparer » les seins à toute cette nouvelle stimulation.
Ma sage femme m’avait d’ailleurs donné une astuce qui consiste à se mettre un peu de jus de citron sur l’aréole pendant le dernier mois de grossesse, de façon à « durcir » la peau de cette zone et la rendre moins sensible à la future succion de bébé.

Mon matériel et mes indispensables

Un coussin d’allaitement
De la crème Lansinoh
Des coquillages d’allaitement
Des téterelles (ou « bouts de sein »)
Un bracelet d’allaitement

Concrètement, le bracelet ne m’a servi à rien. Ca consiste à déplacer un petit pendentif et à l’accrocher à côté d’un petit chiffre qui symbolise l’heure de la dernière tétée. On l’accroche au poignet du côté du dernier sein tété, ou du prochain à donner.
J’avais le sein « plein » tellement gros et dur que je n’avais pas besoin d’un objet pour savoir lequel donner ! Aussi, je n’ai rien noté: j’estime que l’allaitement fonctionne à la demande, peu importe l’heure et la quantité. Dès l’instant que bébé prend du poids, pourquoi vouloir contrôler ce qui se fait le plus naturellement du monde ?

Le coussin d’allaitement m’a énormément servi pendant la grossesse pour bien dormir. Je l’avais évidemment pris pour la maternité et je me suis obstinée à placer mon bébé dessus pour chaque tétée. Je n’ai tout simplement pas imaginer que je pouvais faire sans. De retour à la maison, j’ai essayé de ne pas le prendre, je ne sais plus trop pourquoi, et j’ai réussi à placer mon petit bonhomme tellement plus vite et facilement ! Je crois qu’il m’a plus handicapée qu’autre chose: je plaçais le coussin, puis mon bébé dessus. J’avais simplement oublié qu’il aurait dû me servir en soutien pour les bras, plutôt que pour y poser mon petit.

Pour le reste, ils font partie de mes 3 indispensables.

Pendant 2 semaines, j’ai eu très, très mal à chaque tétée, j’avais les larmes aux yeux et je devais me mordre la main quand il attrapait le sein. Ca a été douloureux pendant environ 3 semaines-1 mois. Quoiqu’on en dise, les téterelles m’ont sauvé la mise: je les ai utilisées uniquement quand j’avais trop mal, et j’essayais très souvent de faire sans. Ca a permis à mes seins de se « reposer » un peu, sans arrêter l’allaitement. J’ai remarqué que mon fils avalait plus d’air quand je les utilisais, et qu’il n’aimait pas trop ce bout de plastique qui allait un peu loin sans sa bouche. Par contre il n’a jamais eu de mal à repasser au sein et à l’attraper correctement.

La crème (lanoline pure) a été agréable en fin de tétée, pour apporter de l’hydratation et éviter que ça ne me tire. En revanche, utilisée seule, la crème séchait contre ma brassière et il fallait décoller le téton ensuite, ce qui était sacrément douloureux! Ce que j’ai apprécié, c’est qu’elle ne se rince pas: pas besoin de se lever en pleine nuit, j’essuyais juste le surplus avec ma main.

J’en arrive au dernier point: les coquillages d’allaitement. J’avais découvert ces merveilles grâce à un article de Titisse Biscus et j’avais trouvé l’objet et l’histoire très jolis: on peut les garder et les offrir en souvenir à son enfant devenu grand, les réutiliser pour d’autres bébés…

Zoom sur les coquillages d’allaitement

En fin de grossesse, Bébé Nacre m’a proposé de recevoir une paire de coquillages pour les tester, lors de l’allaitement. J’ai reçu un très joli paquet, ils étaient emballés avec beaucoup de soin et un petit mot écrit à la main accompagnait mon joli cadeau.

Le principe est simple: le lait maternel est bon pour tout (ou presque). Ainsi, le meilleur remède à une crevasse, ou simplement à des tétons douloureux sera de l’aider à cicatriser en milieu humide.
Avec des coussinets d’allaitement, tout le lait est absorbé, et le contact avec le coton n’est pas forcément agréable. En plaçant les coquillages dans le soutien gorge/la brassière, quelques gouttes de lait sont recueillies et le bout de sein peut « tremper » dedans.
Je les avais pris avec moi à la maternité et j’ai tellement bien fait !
En plus d’aider à cicatriser les crevasses, ils m’ont fait un bien fou: la fraîcheur et la douceur du coquillage étaient vraiment agréables. Leur forme ne stimule pas la lactation, contrairement aux coquilles recueille-lait par exemple, ce qui permet au sein de se reposer pour se régénérer tranquillement.
Côté entretien, c’est très simple: un peu d’eau et du savon, c’est réglé !

En plus de tous ces bienfaits, ils ont été très agréables pour éviter le frottement des seins contre les vêtements, ce qui est particulièrement désagréable les premiers temps ! Ils sont très discrets: à peine une petite pointe visible sous un tee-shirt. Si ça vous dérange ou que vous perdez beaucoup de lait, vous pouvez très bien les combiner avec des coussinets.

Ce qui m’a particulièrement plu (outre les nombreux avantages cités plus haut!) c’est le travail qui se cache derrière: chaque coquillage est ramassé et poli à la main, ils ne contiennent pas d’hormones, ne polluent pas. Ils sont emballés à la main, dans des emballages fabriqués également à l’atelier, et tout est fait en France.
Il existe plusieurs tailles, selon le diamètre de l’aréole en fin de grossesse. Il est également possible d’avoir des coquillages sur mesure pour répondre à des problèmes spécifiques (sein ombiliqué, téton très prononcé…) et tout ça sans supplément !

Je suis donc ravie de ce cadeau et je le conseille sincèrement à toutes les (futures) mamans qui souhaitent allaiter. Même si vous ne souffrez pas de crevasses, la fraîcheur de la nacre vous fera beaucoup de bien, et c’est un joli souvenir à conserver.
Prix unique: 28 € à shopper ici

 

On en est aujourd’hui à presque 3 mois d’allaitement exclusif. Je n’ai encore jamais tiré mon lait et j’ai un peu de mal à me faire à l’idée qu’il entrera en crèche fin septembre. Bien sûr je lui donnerai mon lait, mais dans un biberon, ce n’est quand même pas pareil qu’au sein…

Et vous, quelle est l’histoire de votre allaitement ?

4 Commentaires

  1. Bonjour, première fois que je mets un commentaire depuis le temps que je vous suis. J’attends mon petit 2ème et comme vous, allaiter me semble être une évidence enfin quand c’est possible. En effet ma première était en siège donc d’après la maternité pas question d’accoucher par voie basse trop dangereux pour bébé et donc césarienne programmée. Du coup pas de contraction et pas de déclenchement d’hormone donc pas de montée de lait. Comme vous je me suis acharnée à l’allaiter malgré la douleur, les crevasses ++++ (elle pouvait passer + d’une heure sur un sein, car elle avait un grand besoin de succion, une sucette aurait réglée le problème mais personne n’y a pensé…) et la perte de poids de mon bébé, j’ai tout essayé les tisanes, l’alimentation et puis je suis passée au tire lait, à contre coeur, sur le conseil d’une sage femme pour voir combien ma fille mangeait car elle perdait toujours du poids. Et là l’évidence 1/2 heure a tirer mon lait et seulement un fond de biberon. Et puis la question du complément est arrivée je tirai mon lait + un complément, 1h30 après je donnais le sein, 1h30 après je tirai mon lait ect j’ai tenu comme ça une semaine mais la fatigue et la petite prise de poids de ma fille m’ont fait abandonner.
    Pour le 2eme je suis prête (il a l’air de vouloir faire comme sa soeur rester en siège) déjà a pas me laisser faire, sucette dans la valise maternité obligatoire lol. Et puis je vais me rapprocher des associations pro allaitement. Mais je me conditionne aussi, pour ne pas culpabiliser et avoir ce sentiment d’échec de ne pas être capable de m’occuper de mon bébé correctement ;-). Bref, l’allaitement rien de plus naturel, malheureusement le soutien apporté aux jeunes maman désireuses de se lancer dans l’aventure est très infime.

    1. Je ne comprends que trop bien ce sentiment d’échec 🙁
      J’espère que tout se passera au mieux pour ce deuxième bébé ! Si je peux me permettre, le besoin de succion de bébé est là pour stimuler la montée de lait: les 3 premières semaines, c’est hormonal (plus il tète, plus le lait arrivera), et ensuite ça devient mécanique (le sein se remplit, bébé le vide et ainsi de suite). Les 3 premières semaines sont donc cruciales et même si c’est difficile au quotidien, avoir bébé au sein le plus possible est le meilleur moyen d’assurer un bon départ pour l’allaitement 🙂
      Et je vous rejoins sur le manque cruel d’accompagnement, c’est hallucinant de voir que très peu de professionnels sont formés pour ça…

  2. Merci pour cet article ! Comme tu le sais, je me pose beaucoup de questions et si l’allaitement était une option envisageable pour ma première (mais pas retenue…) j’en ressens le « besoin » pour ce second bébé.
    Parler de tes douleurs, de cet allaitement qui n’a pas marché avec ta fille et de celui ci qui fonctionne très bien malgré les épreuves, bref de ton expérience, me permet de me faire une idée et de piocher dans tes astuces ! 😉

    1. Avec grand plaisir 🙂 N’hésite pas si tu as des questions, surtout quand ta princesse sera là !

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