Le vrai/faux de l’allaitement maternel

Quand j’étais enceinte de mon fils, ce n’est pas un secret, j’étais déterminée à l’allaiter. Pour ne pas échouer, comme pour sa soeur, je me suis énormément documentée, et le sujet me passionne – j’ai d’ailleurs rédigé mon petit guide pour un bon démarrage de l’allaitement, à lire ici.

J’ai notamment lu plusieurs articles pour être parée à toutes les éventualités, et me préparer psychologiquement à ce que ce soit difficile. J’étais un peu dubitative, mais je me rassurais en lisant notamment quelques vrai/faux sur l’allaitement et les idées reçues. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’était, d’après moi, pas à 100% sincère. Voilà donc le vrai/faux de l’allaitement maternel, revu et corrigé par moi…
Si vous êtes un peu comme moi, du genre à avoir besoin de connaître le pire pour vous préparer, je vous conseille de lire la suite, histoire de ne pas vous bercer d’illusions et de vous dire après coup, avec votre chute d’hormones, « elle m’a menti, cette connasse » ou bien « elles y arrivent toutes et pas moi, j’suis vraiment trop nulle ».

Allaiter, ce n’est pas plus fatiguant que de donner le biberon

Ce qu’on nous dit : En allaitant, vous n’avez pas besoin de vous lever pour préparer / faire chauffer le biberon, vous pouvez rester au lit et ne pas vous réveiller complètement, en allaitant par exemple allongée sur le côté.
Mon avis : Vrai et faux… En soi, c’est clair que non : il faut être réveillée. En pratique, c’est la fatigue psychologique qui est la plus pesante : vous êtes la seule personne qui puisse répondre à son besoin. 24h /24. Le papa peut lui donner le bain, lui changer la couche ou le bercer, oui. Mais si vous avez un petit être qui a besoin de téter, vous avez beau avoir 10 ans de sommeil en retard, c’est vous et vous seule qui allez pouvoir le satisfaire.
Le premier mois est à mon sens le plus difficile : vous vous prenez le changement de vie en pleine face, alors que votre routine était bien installée avant l’arrivée de bébé. Vous êtes crevée, parfois avec un ou des aîné(s) à gérer, et vous avez un petit bébé hurlant qui vous veut toute entière, tout le temps.

Un bébé allaité dort autant qu’un bébé au biberon

Ce qu’on nous dit : Sauf pour de très chanceux parents, un bébé, ça se réveille la nuit. Qu’il soit au biberon ou au sein, c’est pareil.
Mon avis : Encore une fois, vrai et faux. Un bébé au biberon peut très bien ne pas faire ses nuits (ou plutôt les nôtres…) avant plusieurs mois (années ?), j’en ai eu l’exemple avec ma fille. Mais un bébé nourri au lait artificiel aura tendance à prendre des biberons pour manger et être calé, contrairement au sein, où le bébé s’en servira comme de garde manger, mais aussi de tétine ou de doudou. Par exemple, mon fils se réveille encore beaucoup la nuit (5-6 fois en général), il prend le sein à chaque fois mais ne tète vraiment qu’une ou deux fois dans la nuit, le reste du temps, c’est pour se rassurer.
Il prend de moins grandes quantités d’un coup qu’au biberon  (et encore, je ne parle pas des « farines » à ajouter au lait, qui elles peuvent les caler 12h de suite !), et le sein est multi-fonction. Aussi, on pratique généralement le co-dodo pour ne pas avoir à se lever à chaque tétée, et l’odeur du lait doit venir chatouiller les narines de bébé, qui ne résiste pas longtemps à la tentation !

L’allaitement n’abîme pas les seins

Ce qu’on nous dit : Ce n’est pas l’allaitement qui abîme les seins, mais les montées de lait.
Mon avis : Certes, ce n’est pas la succion de bébé qui « abîme » les seins, mais le fait qu’ils se tendent sous l’effet des montées de lait, et se détendent après la tétée. Mais qu’est ce qu’on appelle « s’abîmer » ? Pour ma part, c’est le fait de les trouver un peu moins fermes qu’avant. Vrai, ce n’est donc pas l’allaitement en soi qui modifie l’aspect des seins, mais les montées de lait. Mais… faux, car sans allaitement, on ne connaît qu’une seule montée de lait, celle qui se fait autour du troisième jour de vie de bébé, et à elle seule, elle ne change pas beaucoup la forme de la poitrine.
Personnellement, je n’ai aucune problème à laisser mon corps changer et être marqué par la vie de mes enfants. Je comprends toutefois que certaines femmes n’aient pas envie de voir leur corps se transformer malgré la maternité.

Les bébés allaités ne font pas de rot et sont moins sensibles au reflux

Ca, c’est une croyance que j’avais et pour laquelle j’ai été surprise. Les bébés allaités ont tout autant besoin de roter que ceux nourris au biberon, ils avalent aussi de l’air en tétant, et peuvent avoir du reflux.
J’ai découvert ça avec mon fils, qui régurgitait beaucoup. Déjà, il faut savoir différencier régurgitation et vrai reflux… On entend aujourd’hui beaucoup de parents dire que leur enfant fait du RGO dès qu’il crachouille un peu après les tétées (au sein ou au biberon). Un bébé régurgite car son clapet n’est pas encore bien fermé, c’est normal. Un bébé allaité au sein est aussi sous l’effet du trop plein de bonheur : odeur de maman + chaleur + lait = c’est trop bon, il n’arrive pas à s’arrêter. Au bout d’un moment, ça fait un trop plein qu’il évacue, tout simplement.
Mon fils a parfois vomi en jets, c’est très impressionnant mais ce n’est pas forcément grave. Il se trouve qu’à force de me renseigner, je me suis aperçue que j’ai un REF (réflex d’éjection fort), c’est à dire que quand le lait sort, il coule beaucoup trop vite et trop fort au fond de sa gorge. Résultat : des rots, des vomis en jets, un bébé qui se retire souvent du sein, des maux de ventre, des gaz, des selles vertes « explosives »… Il m’a fallu l’observer plusieurs jours, et surtout ne pas m’arrêter à ça pour remettre en question mon allaitement. J’entends parfois des mamans qui me disent qu’elles ont « dû » arrêter l’allaitement car leur bébé avait du reflux… Je trouve ça tellement dommage qu’elles n’aient pas été accompagnées correctement, et que le corps médical ait une parole qu’on remet si peu en question, qu’elles ont oublié que leur lait est quand même la chose la plus naturelle pour leur bébé, et que c’est ce qu’il tolèrera le mieux.
Il se peut aussi tout simplement que votre enfant n’apprécie pas le goût de votre lait, qui change en fonction de ce que vous avez mangé, ou qu’il soit intolérant à un aliment précis que vous avez avalé.

Allaiter ça ne fait pas mal

Ce qu’on nous dit : L’allaitement ne fait pas mal, si vous avez des douleurs, c’est une mauvaise position et/ou une mauvaise succion à corriger.
Mon avis : Vrai et faux… L’allaitement en soi ne devrait pas faire mal. MAIS, les premiers jours peuvent être douloureux. Je connais extrêmement peu de mamans qui me disent ne jamais avoir eu mal au cours des tétées. Imaginez vous que cette zone sensible, généralement cachée toute la journée et peu sollicitée, va devenir une partie de votre corps utilisée presque 24h /24. Le téton va devoir s’étirer, la peau se durcir… c’est donc normal que vous ressentiez quelque chose, qui ne sera pas forcément agréable.
Pour ma part, j’avais les bouts de sein plutôt plats, dont un ombiliqué (rentré vers l’intérieur). J’ai eu beaucoup de mal à les faire prendre à mon fils, car il n’arrivait pas bien à les attraper, ils n’allaient pas assez loin dans sa bouche pour déclencher le réflexe de succion. Avec la montée de lait, c’était pire car j’avais les seins très tendus, et peu de possibilités pour l’attraper et le mettre dans sa bouche. A force de persévérance, et sans jamais attendre les vrais pleurs (sinon, il faut prévoir un temps pour le calmer avant de le mettre au sein), on a réussi. J’ai eu vraiment très mal pendant 1 mois. Je me tordais pendant la mise au sein, et j’ai même eu recours à des téterelles pour me soulager quelques fois (ce qui n’est pas conseillé). Je me revois, installant mon bébé et mordant de toutes mes forces dans ma main pour passer la douleur. Et pourtant, il était bien installé, je n’avais pas de crevasses et tout allait bien. Au bout d’un mois, on a tous les deux trouvé nos habitudes, et j’ai laissé la téterelle au placard ! Mes indispensables pour les débuts de l’allaitement sont à retrouver ici.

Le papa a une vraie place dans l’allaitement

Ce qu’on nous dit : Ce n’est pas parce que vous allez allaiter que le papa va être à l’écart.
Mon avis : C’est plutôt vrai. Vous vous chargez de nourrir le bébé, et en contrepartie, il peut participer à tout le reste : changement de couche, bain, jeux, portage… Certes, il ne peut pas vous remplacer au moment de la tétée (à moins de tirer votre lait) mais il peut se charger de tout le reste, et vous pouvez même le solliciter pendant que bébé est au sein : j’ai soif, j’ai faim, j’ai froid, tu peux m’apporter ça … Ne vous privez pas, vous avez une bonne excuse !

 


Voilà pour ce petit vrai/faux sur l’allaitement maternel. Le but n’était pas de vous décourager ou de vous faire peur, mais plutôt d’informer correctement les mamans. Ayant raté et terriblement regretté mon premier allaitement (de 3 jours), je me suis donné la mission d’accompagner comme je le peux les mamans qui doutent, qui ont envie mais n’ont pas assez confiance, qui ont peur de mal faire : vous êtes la meilleure chose pour votre bébé, sur tous les plans. Prenez les avis médicaux mais n’oubliez pas votre instinct à vous, vos intuitions, vos impressions. Ne vous laissez pas dicter ce que vous devez faire : vous savez mieux que personne ce qui est le mieux pour votre bébé.

8 Commentaires

  1. Super article totalement vérifié pour ma part! Oui au début ça fait mal, comme tu dis on se « mord » la main pr faire passer la douleur du téton ! Et oui mon petit de 3 mois et demis se réveil 4/5 fois par nuit et pareil il ne tête pas bcp c’est de la tétée câlin. Mais malgré tout ça je ne passerai pr l’instant au lait en poudre pour rien au monde!!!! On dormira dans 20 ans 🙂

  2. Je suis totalement d’accord avec ton article ! Pour moi faudrait rajouter que non l’allaitement ne fais pas forcement perdre du poids et que le retour de couche ne se fait pas forcément à la fin de l’allaitement 🙂
    Je me souviens au début de l’allaitement j’avais comme des aiguilles qui sortaient de mes seins, je me mordait la main, faisait la grimace. C’était horrible ….
    La fatigue hallucinante des premières semaines a passer les nuits assises à allaiter … Et arriver a tenir débout malgré tout, la pression des gens pour passer au bib etc pfiou ….

    1. Oui tu as raison ! Pour ma part, la perte de poids est bien là, mais c’est vrai que ce n’est pas toujours le cas, idem pour le retour de couches !
      Et pour les nuits assises, que de souvenirs !

  3. Bonjour,
    Je n’ai pas allaité et je pense ne pas le faire si j’ai un deuxième mais j’aime ton article qui est très bien fait…comme tout tes articles en général et très belles photos !!
    Céline.

    1. Merci beaucoup, je suis touchée !

  4. Tes photos sont merveilleuses! Et je suis d’accord avec toi pour ce vrai/faux sur l’allaitement! Nos fils ont sensiblement le même âge et après un début « douloureux » c’est un vrai bonheur de poursuivre cet allaitement si facile et qui coule de source 🙂 Pour mon aîné qui est né prématurément ça a plutôt été la bataille, le tire-allaitement pendant deux mois puis le sein ensuite mais vers ses 10 mois j’ai souvent eu la sensation de « manque de lait » sûrement à cause de la fatigue (coucou les 6 à 8 réveils par nuit) et du stress (il faisait une stagnation de poids qui s’est réglé avec une supplémentation en fer) puis les remarques de mon entourage proche (que mon fils avait faim, qu’il fallait qu’il prenne du poids, que mon lait n’était plus assez nourrissant, etc)… Bref ça s’est terminé vers ses 13 mois à mon grand regret… Je m’en veux d’avoir « cédé » à la pression de mes proches, je m’en veux d’avoir baisser les bras quand il aurait fallu que je me batte… Je profite donc de ce second allaitement beaucoup plus serein et évident! Je pensais allaiter jusque 18 mois (il a eu un an il y a peu) mais maintenant je ne me fixe plus de délai, on verra! Jessica

    1. Et oui, le plus dur à gérer ce sont souvent les remarque des autres, et le manque de soutien. Il est vrai que quand on commence à douter, on a plutôt besoin d’être rassurée, et si ce n’est pas le cas, on s’inquiète pensant qu’on « fait mal ».
      N’aie pas trop de regrets : cet allaitement écourté t’a permis aujourd’hui d’être encore plus déterminée pour ton second. Bravo pour cette belle aventure lactée !

  5. Très bon article et surtout très juste!
    C’est marrant je viens de découvrir ton blog et donc ton article, et moi aussi j’ai eu besoin de rédiger un article dans le même esprit sur les mythes/réalités de l’allaitement. Ça m’avait manqué pendant ma grossesse… Et d’ailleurs on se rejoint sur pas mal de points vrai/faux 😉

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