On attend un troisième bébé !

grossesse troisième bebe

Je vous l’ai annoncé il y a quelques jours sur Instagram : on attend notre troisième bébé pour mars !
Il n’était pas tout à fait prévu au programme : entre les travaux de la maison et la création d’une société (qui se révèle plus compliquée et surtout plus éphémère que prévu, j’y reviendrai), on était déjà bien occupés !

Il y a quelques mois, en début d’année environ, je me faisais la réflexion qu’on était plutôt bien à 4 : on a trouvé un rythme plus cool, un sommeil un peu meilleur, nos enfants grandissent et sont super complices… Bien sûr que la vue d’un ventre rond, ou d’un joli bébé tout neuf comme ma dernière nièce me faisaient envie, mais quelque part, j’avais peur que ça vienne à nouveau bouleverser un équilibre long à trouver.

Le jour où on a su

Et puis, la vie !
Après la naissance de Noa, je n’ai pas souhaité reprendre de moyen de contraception : hors de question de reprendre des hormones (pilule, patch…), je n’ai pas confiance en l’implant et je ne peux pas (et ne souhaite pas) avoir de stérilet (j’aime l’idée de contrôler moi-même ma fertilité sans l’aide d’un médecin, et avec ma GEU, je n’ai plus qu’une trompe que je n’ai pas envie d’abîmer).
Je me suis donc renseignée sur la symptothermie, et combinée à l’allaitement les 6 premiers mois, ma contraception était plutôt efficace.
Bon, depuis mon retour de couches en février on ne fait clairement pas toujours très attention aux dates, on connaissait le « risque » et on a accepté de le prendre, sachant qu’au fond de nous, on aurait forcément un petit troisième. Et ce qui devait arriver arriva !

J’ai commencé d’avoir des doutes autour du 14 juillet : 3 jours que j’étais barbouillée, toute la journée, et que la simple idée d’un aliment me donnait la nausée très fort. On s’est dit que c’était probablement un virus ou une petite intoxication, sauf que les jours 4, 5 et 6 se ressemblaient. Je n’ai plus eu de doutes quand j’ai failli vomir lorsqu’Aimeric m’a proposé de faire le gâteau au chocolat dont je raffole et que j’avais fait au moins 7 fois le mois précédent.
Je me suis donc décidée à acheter un test de grossesse : Naïa était avec moi et elle était chargée de me dire s’il y avait 1 ou 2 barres, pendant que je fermais les yeux. « Alors ? ». Et elle ne répondait pas. J’ai ouvert les yeux et en la voyant, avec ce mélange d’étoiles et de larmes dans les yeux, j’ai compris, avant même de voir les 2 barres.
On l’a alors annoncé aux garçons qui étaient dans la chambre, et on a profité de cette matinée au lit tous les 4 pour réaliser.

Ok, ça tombe pas terrible, mais on y arrivera. On y est toujours arrivé.

Plusieurs questions se bousculent : je ne connais personne ici, ni même les maternités, je n’ai pas envie d’un accouchement médicalisé comme j’ai pu connaître pour Naïa, il faut que je prenne vite RDV pour vérifier que tout va bien depuis la GEU…
Je contacte alors la sage femme de ma ville, sur les conseils de ma soeur, et je suis ravie : elle est jeune, hyper respectueuse, bienveillante. Ouf !
Elle me prescrit une prise de sang et une échographie de datation pour être fixée, car d’après ses calculs, je suis environ à 8 SA.

échographie datation

La première échographie

Le grand jour arrive : celui où on va voir notre bébé pour la première fois.

Le RDV est pris avec un gynécologue dont je ne connais que le nom. Pour cette première, on a décidé d’y aller tous ensemble : c’est déjà difficile pour un futur papa de trouver sa place dans une grossesse, on avait envie qu’il puisse participer à ça !
L’attente a été longue et on est pris avec presque 1h de retard, Noa a envie de téter et d’être sur moi.

Après une série de questions banales posées avec un manque d’entrain déconcertant, le gynéco – une cinquantaine d’années, propre sur lui mais l’air très blasé – me dit d’aller me déshabiller. Etonnée, car pour Noa il ne fallait voir que mon ventre, je lui demande si j’enlève tout le bas. Il me répond de me déshabiller complètement, et de venir me peser. J’ai un temps de « bug », puis en allant dans l’espace pour me changer, je lui fait répéter « c’est vraiment nécessaire que je sois entièrement nue pour une échographie ? ». Il consent à ce que je n’enlève que le bas.
Je sors et marche près de la balance, où se tient son interne, pour me peser. Je sens son regard me scruter de haut en bas et là je comprends : c’est  le cas du gynécologue typique, de la vieille école, qui manque de bienveillance et surtout qui a un regard dégradant. Je me félicite encore plus de ne pas avoir accepté cette requête insensée sous prétexte que « il est médecin, il sait ce qu’il demande ».

Je m’installe et sans même me prévenir il enfonce la sonde vaginale. A ce moment là, je regrette amèrement les professionnels triés sur le volet que j’avais commencé à lister pendant ma précédente grossesse. Ma sage femme me demandait toujours avant de faire n’importe quel acte, elle me posait une serviette pour ne pas que je me sente mal à l’aise à demi-nue…
Je sors vite de mes pensées en apercevant ce tout petit bout dans mon ventre. On est tous émus, en particulier Naïa qui a les larmes aux yeux.
Sauf que ce qui était une formalité pour nous devient un moment délicat où on envisage la grossesse sous un autre angle. J’ai un décollement et l’hématome est assez gros. Concrètement, je risque à tout moment de faire une fausse couche.
Immédiatement les recommandations tombent : arrêtez de marchez, de prendre la voiture, de faire les courses, pas de ménage, de rapports sexuels, et surtout arrêtez d’allaiter. Devant ma perplexité, il ajoute « après c’est vous qui voyez, si faire une fausse couche c’est pas grave pour vous, pas de problème ».
Je passe sur ce dernier point car ce n’est pas le sujet de l’article, mais après renseignements, il n’y a pas de rapport démontré entre fausse couche/hématome et allaitement. J’ai donc choisi de continuer à allaiter Noa et à ne pas lui imposer un sevrage brusque. En revanche, je me suis beaucoup reposée : siestes, assise la plupart de la journée, j’ai limité les déplacements et beaucoup moins porté de charges.

Je sais bien qu’on enseigne aux médecins d’être détachés (à tort ou à raison), mais ce manque de compassion, surtout cette façon de le dire, m’a laissée perplexe. Je me suis sentie comme piégée avec un choix impossible à faire : imposer un sevrage brutal à Noa pour préserver cette grossesse, ou l’allaiter et prendre le risque que « par sa faute » ça entraîne une fausse couche. Avec le recul, c’était particulièrement indélicat de sa part, et aurait pu être compliqué dans ma relation avec Noa si j’avais été d’accord avec ses dires et que la grossesse ne s’était pas poursuivie.

Et maintenant ?

Nous voilà à 11 SA, le temps passe et après une deuxième échographie (toujours avec lui, l’autre maternité ne fait pas les échos de datation), l’hématome semble se résorber.
J’ai toujours des douleurs, des contractions quand je reste debout, mais je m’écoute beaucoup plus.

Je commence seulement à réaliser que je suis enceinte : depuis le début, je n’ai pas été dans la joie de la grossesse. J’ai eu peur et je pense que je me suis protégée : si jamais ça ne va pas jusqu’au bout, je souffrirai probablement un peu moins en ne m’attachant pas trop à ce bébé.
C’est très étrange à écrire, mais c’est surtout très dur pour moi à vivre. Pour comprendre ça, il faut comprendre ma façon de vivre les grossesses. Je suis du genre à faire tout le temps des tests, au moindre retard ou doute : je n’ai pas envie de passer à côté du début. J’ai toujours été déçue si le résultat était négatif, même quand ce n’était absolument pas prévu ni le moment. Ce sont pour moi des instants sacrés, je sais qu’on en vit peu et quel bonheur ça représente, je ne veux pas en perdre une miette.

Avec ce bébé c’est différent, depuis le début, et évidemment je culpabilise.
Déjà, je n’ai pas ressenti ce bonheur intense à la découverte du test positif : j’étais contente évidemment, mais les premières questions ont été « concrètes » : est ce qu’on pourra l’accueillir correctement, comment on va gérer le travail, est ce qu’il faudra changer de voiture…
Et puis avec cette annonce de potentielle fausse couche, je me suis mis une carapace : je me suis « forcée » à lui parler (un peu, je ne trouve jamais le bon moment avec ses 2 prédécesseurs !), à le caresser, mais c’est indéniable, je ne ressens pas encore ce même amour absolu que pour mes autres bébés, et je m’en veux beaucoup.
A ce bébé, je lui ai déjà envoyé beaucoup plus de stress, de doutes, de peur que d’amour, et j’ai secrètement peur que ça vienne gâcher notre relation, dans les premiers jours comme dans les futures années.

J’appréhende aussi un peu co-allaitement de nuit, et le fait que le 3ème vienne changer la relation des 2 premiers, que l’un d’entre eux ait du mal à trouver sa place. J’ai peur qu’on prenne le risque de « gâcher » ce qu’on a aujourd’hui : un épanouissement à 4, que la fatigue et de nouvelles tensions viennent fragiliser le couple… Bref, tout ce dont j’ai eu peur pour chacune de mes grossesses précédentes, et qui s’est évidemment révélé faux.

Voilà donc sur quoi se termine ce premier trimestre de grossesse : j’essaye de me dire que notre relation n’est pas jouée dès maintenant, et qu’il me reste de longs mois pour créer ce lien unique, en me disant que probablement toutes mes craintes s’envoleront en même temps qu’il poussera son premier cri.

Laisser un commentaire