Préparation à un accouchement naturel

Comme je vous le racontais dans cet article, j’ai choisi d’accoucher sans péridurale (si j’arrivais à supporter la douleur!) pour mon fils.
En effet, après un premier accouchement « volé », et des suites de couches très difficiles, je ne voulais absolument pas revivre la même chose. J’ai aussi eu le temps, entre mes deux enfants,  de me renseigner sur les différentes méthodes, leurs conséquences, le processus de l’accouchement, le suivi possible…
Beaucoup d’entre vous m’ont demandé pendant la grossesse (oui j’ai beaucoup de retard !) comment je me préparais à vivre ce marathon. Dans ce billet, j’ai envie de vous expliquer ce que j’ai lu, vu, appris, et qui m’a confortée dans cette décision d’accoucher sans péri.

Avant toute chose, je me suis in-for-mée. Je fonctionne comme ça pour tout: j’ai besoin de comprendre avant d’agir et de décider. Pour être sûre de ma décision de ne pas avoir recours à l’anesthésie, j’avais besoin de savoir: comment ça fonctionne, qu’est ce que ça nous fait, à nous mamans et à eux bébés, quelles sont les étapes d’un accouchement naturel, comment ça se passe,  pourquoi on survit à cette douleur, le rapport avec l’allaitement… Bref, j’ai beaucoup échangé avec ma sage femme et j’ai lu un livre en particulier qui m’a beaucoup marquée. Il s’agit de « j’accouche bientôt, que faire de la douleur » de Maïtie Trélaün.
Ce livre m’a aidée sur 2 points fondamentaux: comprendre le mécanisme de l’accouchement, la libération des hormones, pourquoi la douleur… mais j’ai aussi appris grâce aux témoignages de mamans ayant accouché naturellement.
Je retiens essentiellement que la douleur est bien sûr nécessaire pour faire descendre son bébé, mais elle est aussi le trait d’union entre la grossesse et la maternité, elle permet de passer d’un état à un autre, et de faire naître la mère également. Le corps est tellement bien fait, si vous saviez ! C’est dingue de penser que les hormones libérées à tel ou tel moment, pour justement « calmer » un peu a douleur, ou vous redonner de l’énergie juste avant la poussée grâce à la forte montée d’adrénaline, sont présentes naturellement, que notre corps est programmé pour.
Elle explique aussi la différence considérable entre douleur et souffrance, ce qui n’a clairement rien à voir. On peut avoir mal mais ne pas être en souffrance. A l’inverse, on peut vivre une douleur d’intensité modérée comme étant une vraie souffrance.

J’ai été suivie par une sage femme. C’était un choix très clair dès le premier jour où j’ai su que j’étais enceinte. Je ne vivais pas une grossesse qui nécessite un suivi médical, et j’avais envie de vivre ces rendez vous mensuels de façon détendue. J’ai choisi, je pense, la meilleure sage femme de la terre entière, je l’ai aimée dès le premier jour où je l’ai vue. Vous savez, ce genre de personnes, extrêmement rare, remplie uniquement de bienveillance et d’amour pour son métier.
Elle m’a suivie pendant ces 9 mois, avec toujours de bons conseils, de longs moments d’échanges. Elle m’a tout expliqué, à chaque étape, elle faisait attention à mon moral, à mon histoire et ce que cette deuxième grossesse pouvait réveiller, elle m’a fait parler de mon premier accouchement, de mes regrets et de ma GEU. C’est avec elle que j’ai suivi les cours de préparation à l’accouchement, et c’est également elle qui m’a accouchée.
Je ne savais pas que c’était possible avant de la rencontrer, d’avoir une sage femme qui me suive de A à Z. J’avais envie d’un accouchement naturel, mais j’avais un peu peur aussi. Ca veut dire oublier sa zone de confort et ce qu’on connaît pour aller vers l’inconnu et faire confiance. C’est avec elle que j’ai affiné mon projet, et quand j’ai appris qu’elle faisait les accouchements sur le plateau technique de l’hôpital, je lui ai immédiatement demandé si elle pouvait m’accoucher, c’était pour moi une évidence.

La connaissance est donc pour moi la meilleure préparation. Ecouter son corps, reconnaître les positions de bébé dans son ventre,  connaître les différents stades de l’accouchement. D’abord l’ouverture du col, le ralentissement du travail, l’ouverture du grand bassin, puis du petit, l’engagement de la tête, la phase de désespérance (je vais/veux mouriiiiiir), la poussée et enfin LA rencontre et le soulagement.
En sachant tout ça, j’ai pu visualiser l’arrivée de mon fils: où il en est, pourquoi j’ai mal ici, puis là ? Ma sage femme m’avait aussi prévenue que cette phase de désespérance était difficile, mais qu’elle voulait aussi dire que la naissance allait arriver très vite après ça. Toutes ces petites choses, je trouve, permettent de s’accrocher et de voir le bout du tunnel alors qu’il semble interminable.

Côté préparation plus traditionnelle, j’ai continué à faire un peu de pilates pendant la grossesse, pas forcément pour la forme mais surtout parce que j’adore ça ! Je suis inscrite aux cours chez Carré d’Ô à Aix (je recommande +++!) et c’était vraiment génial, parce que certains exercices étaient adaptés à mon envie d’accoucher naturellement. La prof m’a par exemple montré des positions avec le ballon pour me soulager pendant le travail, pour aider l’ouverture du bassin… A 8 mois et demi de grossesse, j’ai suivi mon dernier cours de yoga vinyasa (yoga dynamique) et j’ai bien senti que c’était la fin !

En tout début de grossesse, souvenirs !

J’ai aussi profité des cours de natation maternité organisés dans la piscine à côté de chez moi : pendant 45 minutes on faisait des longueurs, des exercices et de la relaxation dans une eau à 30°C, sous la surveillance d’une sage femme et d’un(e) maître nageur.

A la fin de chaque cours de préparation à la naissance, on avait 30 minutes de sophrologie. Cette pratique m’a particulièrement aidée: j’ai réussi à vraiment me détendre à la 2ème ou 3ème séance, la visualisation, la respiration et l’idée de « diffusion » de la douleur m’ont beaucoup aidée pendant le travail.
Quelques exercices qui m’ont marquée:
– Respirer en imaginant une bouteille qui se remplit (d’abord par le fond, on gonfle le ventre puis la cage thoracique)  puis qui se vide (d’abord le haut, ensuite le bas)
– Visualiser une feuille qui tombe d’un arbre pendant la respiration, elle fait des mouvements de gauche à droite avec le vent
– Imaginer être sur une barque dans la mer, et voir arriver une vague. Se laisser tanguer jusqu’à ce qu’elle s’en aille
– Tendre le bras devant soi, y mettre beaucoup de force tout en imaginant le reste de son corps extrêmement détendu (ça m’a bien aidée pour essayer de me détendre pendant une contraction, plutôt que de me crisper)
– L’histoire du glaçon dans la main: en quelques secondes, on le lâche car c’est trop froid. Si en revanche on le tient en imaginant que le froid se diffuse dans le bras, puis dans tout le corps, alors la douleur est plus diffuse et on peut la supporter jusqu’à la fonte du glaçon

Enfin, j’ai testé plusieurs petites choses en fin de grossesse. Je suis allée chez l’ostéopathe pour préparer mon bassin à l’accouchement, et voir si tout est ok. Ca m’a fait beaucoup de bien au dos, et on a pu corriger un petit blocage, je dois d’ailleurs y retourner maintenant que mon petit prince est né !
J’ai également fait une séance d’acupuncture pour préparer le col cette fois, et l’aider au moment du travail. Je n’ai pas vraiment apprécié, et je n’ai pas réussi à me détendre. J’ai senti comme des fourmillements quelques minutes après la pose des aiguilles, mais pas de bien-être comme on avait pu m’en parler. Je pense que pour ressentir les bienfaits, il faut arriver à se détendre et à « apprécier » les aiguilles, ce qui n’était pas mon cas en une séance.
Lors d’un rendez vous avec ma sage femme, j’ai rencontré 2 de ses collègues avec qui elles alternent les gardes: je savais qu’un week end sur son mois de garde, ma sage femme pourrait être remplacée par une de ses 2 collègues. Chacune a sa spécialité: sophrologie, méthode Bonapace ou encore De Gasquet. Pendant 2h, j’ai donc vu un peu de ces deux autres méthodes.
Je retiens quelques positions physiologiques pour faciliter l’accouchement et se soulager en fin de grossesse (De Gasquet), et des points d’acupression pour « tromper » la douleur (Bonapace) : le conjoint appuie sur certains points des mains, des pieds et du bas du dos suffisamment fort pour que la douleur arrive ailleurs que dans le ventre.
Tout cela m’a beaucoup aidée !


Il y a clairement un parti pris dans cette article, oui. Je sais qu’il risque de déchaîner les passions, d’autant plus qu’on parle de maternité et que dans ces cas là on a du mal à se raisonner !
Mais avec tout ce que je sais aujourd’hui, ce que j’ai lu et vécu, je peux le dire: je ne trouve pas que la péridurale soit une solution merveilleuse. Oui, elle permet de soulager la douleur, oui beaucoup de femmes pensent qu’elles n’auraient pas pu faire sans, oui pour beaucoup c’était quasi obligatoire car le travail était trop long et douloureux.

Je lis souvent, sur les articles parlant d’accouchement mais surtout dans les commentaires sur Facebook, « merci la péri » ou « heureusement que je l’ai prise car 20h de travail + forceps + ventouse »… Oui mais, qu’est ce qui vous dit que ce n’est justement pas à cause de la péri que l’accouchement a pris cette tournure. Et « merci la péri », ok vous avez été soulagée, mais est-ce que vous aviez tous les éléments en votre possession, j’entends par là les conséquences pour vous et votre bébé, pour faire votre choix ?
Il est clair pour moi que la péridurale ne nous aide qu’à moitié: posée au bon moment et peu dosée, pourquoi pas (mais dans ce cas, quel intérêt ? Celui de rassurer peut être), mais elle est tellement utilisée de façon automatique que très souvent, péri = épisio, forceps, ventouse, césarienne, poussée très longue, bébé en détresse… Et encore, ce ne sont là que les conséquences directes sur l’accouchement, mais le bébé aussi reçoit sa dose d’anesthésiant. Ce n’est pas pour rien s’il est complètement endormi après, hypotonique ou qu’il ne tète pas. Imaginez que le corps vous met à disposition tout un panel d’hormones qui sont délivrées au bon moment, quand votre cerveau déclenche la demande. Si vous injectez un produit qui endort votre douleur, et donc votre « récepteur », ce que la nature vous offre ne peut pas venir vous aider à expulser votre bébé.

Quoiqu’il en soit, je pense que c’est un débat qui ne peut avoir lieu: comme pour l’allaitement, le cododo, le portage, le maternage, ce sont des choix qui nous sont propres et qu’on ne peut imposer aux autres.
Toutefois, j’espère que cette article pourra encourager, réconforter ou rassurer quelques futures mamans qui ont ce projet, ou – comble suprême – faire douter des mamans qui n’y pensaient pas jusque là. Mesdames, vous en êtes capables, votre corps vous donne les ressources nécessaires, et je vous garantis que les bénéfices sont nombreux et durables !

4 Commentaires

  1. J’accouche incessamment sous peu (ma dpa est mardi) et comme toi j’ai fait le choix d’un accouchement naturel… au début pour voir et maintenant par vraie conviction ! Eg je suis carrément d’accord avec ton article !

    1. Waouh, arrivée imminente alors ! Je te souhaite une très belle rencontre !

  2. Merci pour ton article, j’ai accouché de mon 1er enfant en faisant confiance au corps médical et en lui abandonnant mon corps et celui de mon bébé par total manque d’information résultat: déclenchement-péri-forceps-épisio et traumatisme refoulé. Pour mon 2éme je ne voulais surtout pas d’assistance chimique pour l’accouchement et je redoutais aussi de voir un médecin. J’ai accouché de manière tout à fait physiologique assistée par une sage femme rassurante. je trouve que tu décris parfaitement bien tout ce qui se joue pendant les différentes phases de l’accouchement.. Ce deuxième accouchement m’ a ouvert les yeux sur la violence subie lors du premier…(quel gachis )
    Il faut que les femmes s’informent, il faut des témoignages comme le tien pour que les choses changent il faut que l’on parle à nos filles, nos nièces etc…
    Les accouchements en position physio sont plus fréquents mais c’est encore uniquement si la maman en fait la demande ce n’est pas proposé en premier…
    Mais j’ai bon espoir, j’ai vraiment l’impression que les choses vont dans le bon sens que les langues se délient autour de tout ça. Merci encore pour ton article.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec ton commentaire ! Informons les femmes et donnons leur toutes les infos pour qu’elles puissent faire un vrai choix éclairé, pas seulement un « c’est magique tu n’auras plus mal ». Je crois aussi que c’est en train de changer, tant mieux et continuons !

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