Mon récit d’accouchement naturel

Voilà, on y est. Mon petit prince a eu 3 mois, et je me décide enfin à vous raconter ici sa naissance.
C’est dommage que je ne l’aie pas écrit avant: il y aurait eu plus de détails, de souvenirs. Je sais que maintenant, j’oublierai sûrement quelques petites choses, mais je crois que je voulais garder un peu pour moi toute seule ce moment magique, me le repasser en boucle dans ma tête.
Je sais que cet article a été attendu, car je vous ai mis dans la confidence dès le début: pour ce deuxième accouchement, je voulais quelque chose de très naturel, et surtout avoir la sensation d’en être pleinement actrice (naissance de ma fille racontée ici, à chaud et sans trop réaliser ce qu’on m’avait fait, sans mon consentement).

On est le 10 mai, c’est un mercredi. Le mercredi, c’est ma journée la plus chargée: je dois travailler pour un client (newsletter à envoyer, donc ce jour ne peut être modifié) ET ma fille n’a pas d’école. Je dois donc bosser et l’occuper, le tout sans me défenestrer.
J’arrive à faire tout ça tant bien que mal, comme chaque semaine. Je fais un brin de ménage, un peu de rangement. Mon chéri rentre, on prépare le repas et comme tous les soirs depuis que je ne supporte plus de m’asseoir dans une chaise, on mange sur le canapé, en famille, devant un film (bouh c’est mal) (on s’en fout).
Je termine mon assiette en pensant déjà au dessert (ne jamais oublier les priorités) quand soudain … Oh ! On dirait bien que j’ai perdu un peu de liquide !
Je me lève. Ah non, j’ai dû me pisser dessus sans m’en rendre compte, je ne sens plus rien. Mais quand même, c’est bizarre, je sais bien faire la différence… D’autant plus que pour ma fille, j’avais fissuré la poche des eaux, et ça me rappelle cette sensation.
Je me rasseois et là, plus de doute: j’ai le même début de travail que pour ma fille, avec une fissure de la poche des eaux, à 39 SA +4.

On rigole, je pleure, on réalise. J’explique à notre fille que son petit frère va arriver pendant que mon homme appelle ses parents pour qu’ils viennent garder notre princesse: coup de bol ils ne travaillent pas le lendemain. J’appelle ma sage femme pour lui expliquer la situation: fissure, liquide clair, pas de contractions. Avec son accord, on attend 22h30, l’arrivée des grands parents, pour se rendre à la maternité. Il était convenu que si le travail commençait par des contractions, elle venait à la maison pour faire le plus gros du travail chez moi. Malheureusement, je n’ai pas pu connaître ça: peut-être pour le prochain ?!

22h30: Les grands parents arrivent, nous souhaitent bon courage. J’explique à ma fille que, comme on lui a dit des dizaines de fois, on va aller à l’hôpital et que maman va pousser très fort pour faire sortir bébé Noa (si vous l’entendiez raconter cette histoire, c’est tellement mignon!).
On prend nos affaires, on fait un dernier bisou à notre bébé sur le point de devenir notre aînée et on s’en va. Dans l’ascenseur, je pleure de tristesse de la laisser, et d’excitation de rencontrer notre fils. On prend une dernière photo d’ici sans lui.

23h: on arrive à la maternité. Je suis tellement contente de venir de nuit, c’est calme, frais, agréable ! La nuit, c’est comme un moment privilégié, sans toute l’excitation de la journée, comme j’avais connu pour ma fille.
On sonne, on entre et … on ne trouve personne ! On erre dans les couloirs pendant 10 bonnes minutes, jusqu’à trouver enfin le bureau des sage femmes.
J’explique que j’ai fissuré la poche des eaux il y a 3 heures, que je dois accoucher sur le plateau technique avec ma sage femme et qu’elle a été prévenue. La SF de garde nous fait passer dans une salle pour m’examiner, elle est adorable. Je perds du liquide en continu, donc pas de doute possible ! Elle m’examine: je suis à 1 petit centimètre, col mou, effacé mais pas encore bien centré.
Elle me pose un monito pendant 30 ou 45 minutes (je ne sais plus !), qui relève quelques contractions, fortes mais peu douloureuses, comme je les ressens. Après ce temps, nouvel examen: je suis à 3cm. Elle me pose un cathéter qu’elle bouche, au cas où j’aie besoin d’une transfusion, ce dont on avait parlé avec ma SF et pour quoi j’étais d’accord. Je suis super contente, ça a avancé en très peu de temps, si ça continue comme ça, je ne vais pas souffrir longtemps !
Elle nous installe dans une chambre le temps que le travail avance un peu, et on a pour consigne de retourner la voir quand les contractions deviennent douloureuses et plus régulières.

Laurie dans le cosmos, en attente de son petit homme

J’espère sincèrement que le travail se lancera tout seul, car je n’ai vraiment pas envie d’avoir un déclenchement. Mon fils a bien compris, puisqu’à peine quelques dizaines de minutes plus tard, je commence à avoir mal.
Ca me fait encore sourire: à chaque contraction, je souffle bien, je cherche la position qui me soulage, et entre chaque, je souris de bonheur, de me dire que c’est pour bientôt ! Mon homme baille en permanence, il est fatigué de sa journée (la blague, j’ai envie de l’étrangler !). Je lui dis de s’installer sur le lit à côté de moi, je préfère VRAIMENT l’entendre ronfler que de l’entendre se plaindre (je lui rappelle que moi aussi j’ai bossé toute la journée, et que j’ai fait office de nounou…). C’est pas le moment de me gonfler !


2h:
J’ai attendu le plus possible, mais alors là ça pique quand même beaucoup !
J’ai tenté de prendre une douche brûlante, en plaçant le jet en bas du dos ou sur le ventre, ça m’a fait du bien mais clairement ça ne suffit plus ! J’essaye de prendre différentes positions: accroupie, debout, en appui sur les bras, à 4 pattes… Rien ne me soulage et certaines sont vraiment pires que d’autres. J’ai des crampes dans le ventre comme une très forte douleur de règles, ou de gastro ! J’ai l’impression de devoir courir aux toilettes toutes les 5 minutes, c’est très pratique !
Mon homme me dit au moins 10 fois de retourner voir la sage femme, mais à chaque fois je repousse à la prochaine contraction: si elle est pire on y va. Au bout d’un moment, je n’en peux plus et on se décide à y aller. Je pense qu’on a mis un quart d’heure à parvenir au bureau des SF tellement mes pas sont rythmés par les contractions.
Je souffle sur chacune d’entre elles, mais je n’arrive pas à me détendre entre chaque: j’étais dans une salle « en attendant », on bouge d’un endroit à l’autre… pas facile de lâcher prise.


2h30:
Nous voilà de retour et la SF comprend bien, vu ma tête, que les contractions se sont intensifiées.
Elle m’examine. Dans ma tête, j’espère bien sûr que ça aura beaucoup bougé, vu comme j’ai eu mal. C’est un peu long, elle cherche, ne donne aucun indice. Je m’imagine qu’à tout moment j’ai droit à un « vous êtes à 10, c’est parti! ». Et puis le verdict: ça n’a pas bougé. PAS D’UN MILLIMETRE.
Je suis assez dépitée: j’ai tenu bon pendant 3h30 en me raccrochant à l’idée que mon bébé arrivait, et rien n’a changé malgré la force et la douleur des contractions.
Elle me demande si j’ai appelé ma SF, je réponds que je préfère attendre que le travail avance davantage avant de la déranger. On retourne donc dans la chambre de départ, et je dois essayer de gérer au mieux.

Mon dieu, qu’est ce que j’ai fait !


4h:
 Ok, là, on est dans le vif du sujet. J’ai envie de pleurer à chaque contraction, je me demande pourquoi j’ai choisi ça. Ma raison commence à me quitter et j’ai du mal à me raisonner. Les souffles pendant les contractions deviennent peu à peu des sons graves, une sorte de « mmmmmm » très long, presque sans reprendre ma respiration. Je ferme les yeux à chaque fois, ça m’aide à traverser la douleur. Mon homme m’appuie sur certains points des mains, comme on avait vu pendant la préparation Bonapace.
J’ai si mal que je n’arrive plus tellement à tenir debout. On met un temps fou à retourner au bureau des SF, pour un nouvel examen. Cette fois, c’est une meilleure nouvelle: je suis à 4 cm! Oui, enfin !
Elle prévient ma SF, qui se met en route. Pendant ce temps, on m’installe dans la salle nature qui a été réservée pour moi. Je suis soulagée: je vais enfin pouvoir me détendre, me laisser aller et essayer de faire avancer la chose.

Les heures passent et la douleur augmente, vraiment. Moi qui voulais marcher, faire du ballon, bouger comme je le souhaitais, je n’y arrive pas, la douleur me bloque. Je respire, j’essaye d’accompagner mon bébé vers la sortie, de penser que chaque contraction l’aide à trouver le chemin, mais j’oublie presque pourquoi je suis là. Je veux dire, l’idée de me dire que je vais bientôt rencontrer mon bébé me parait floue, fausse même. C’est comme si mon cerveau avait inventé cette histoire de grossesse pour me faire souffrir.
J’ai trop mal, je n’y arriverai jamais, je dis à mon homme que je veux la péri. Il me dit que non, je l’avais briefé à ce sujet, il me rappelle pourquoi j’endure ça, que notre fils va bientôt arriver. Je patiente tant bien que mal mais je n’arrive plus à me laisser aller, je me mets à redouter chaque prochaine contraction, et la panique commence à arriver, m’empêchant d’entrer dans ma bulle.


4h30 (environ, les souvenirs sont flous !):
Oui, elle est là ! Ma sage femme pousse la porte, et je vois son grand sourire, ses yeux pleins de bienveillance, ses mains rassurantes. Je suis soulagée ! Je lui dis, je crois, que j’ai vraiment trop mal, que je n’y arriverai jamais, que je suis désolée.
Elle me rassure, me console, pose son matériel à la va-vite pour m’accompagner dans cette contraction qui arrive. J’entends sa voix, je ferme les yeux. Comme dans ses cours de sophrologie, je me laisse envahir par la douleur, je l’accepte et essaie de visualiser mon bébé qui descend. Je suis coachée par ces deux personnes qui comptent tant pour moi: c’est certain, j’y arriverai.

Maintenant que la contraction est partie, elle me propose de m’examiner et de faire un petit monito de 20 minutes. Je suis à 6cm, oui, ça avance !
A aucun moment pendant ma grossesse, je n’avais imaginé de durée pour cet accouchement. C’est vrai que pour un deuxième bébé, on est souvent entre 6 et 8h, mais honnêtement j’évite d’y penser et de calculer quoi que ce soit: je dois me détendre !
Le monito est bon, elle me propose d’aller faire pipi, ce que j’accepte. Je ne sais pas si j’en ai envie, mais je sais que ça fait un moment que je suis là. Dans le couloir, je vois un papa assis sur une chaise, il a certainement dû préférer attendre dehors. Je me dis que je dois sacrément lui faire peur, avec ma tête et mes râles.
En rentrant dans la salle, ma SF me propose de prendre un bain: quelle bonne idée ! Je m’installe dans la baignoire, elle fait couler l’eau sur moi: qu’est ce que c’est bon d’être accompagnée comme ça, je ne me sens pas seule et ça m’a tellement aidée ! Pendant les contractions, mon homme tient le jet d’eau bien chaud sur mes reins, et elle me masse très fort 2 points en bas du dos. Ca me fait beaucoup de bien, mais au bout d’un petit quart d’heure, je n’arrive pas à trouver ma position: à 4 pattes j’ai trop mal, assise ça me gêne, et accroupie j’ai les jambes qui s’engourdissent.

Je sors de l’eau et elle me propose un nouvel examen: je suis à 7-8cm. Alleluia, on y est presque ! Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est, je n’arrive plus à être totalement consciente. Je sais juste que j’aperçois par la fenêtre le jour qui se lève, et ça me donne une force incroyable ! De voir la vie qui arrive, au sens propre comme au figuré, m’apaise énormément.

Allongée sur le dos, j’ai le souvenir de regarder tellement intensément cette ventilation, juste au dessus de moi. En soufflant, quand je n’avais pas les yeux fermés, je parcourais les lignes pour essayer de ne pas me laisser envahir par la douleur et l’angoisse.

J’entre a présent dans ce qu’on appelle « la phase de désespérance », et elle porte bien son nom ! J’essaie plusieurs positions: appuyée sur mes avants bras, en faisant des ronds sur le ballon, en me suspendant à des sangles à la force de mes bras, allongée sur le côté, à 4 pattes, à 4 pattes sur le ballon, assise sur les genoux de ma SF. Ca me dérange, je commence à pousser sur chaque expiration. Mon dieu, j’ai si mal, je ne vais jamais tenir, mon corps va lâcher, je n’ai plus aucune force, je vais mourir.
Pendant tout le travail, j’ai pu boire de l’eau par petites gorgées, et c’était un vrai bonheur. Comme pour me rassurer, je me créais un rythme dans ma tête: tu fais cette position, puis celle là, ensuite tu bois un coup et on recommence. Comme un enfant qui a besoin de son rituel du coucher, j’avais besoin de rythmer le travail pour m’apaiser.
Avec l’arrivée de ma sage femme, j’ai réussi à retrouver cet état de relaxation intense entre les contractions. Elles étaient pourtant extrêmement douloureuses, mais dès qu’elles s’arrêtaient, j’étais immédiatement très détendue, comme dans un demi sommeil.


7h, environ:
Voilà, je suis à 10cm. Etrange sensation que de se dire que le travail est terminé, ne reste plus que la poussée. Etrange aussi de savoir que dans très peu de temps (une trentaine de minutes sûrement), notre bébé allait être parmi nous.
Je suis comme apaisée par cette nouvelle. Voilà, j’ai tenu bon pendant ces contractions. Bébé n’a plus qu’à descendre dans le bassin, je pourrais pousser et ensuite nous serons une belle famille avec 2 enfants.
Ma SF me pose un monitoring pour surveiller le rythme de bébé: tout va bien, je suis rassurée. Elle nous motive en disant que bébé pourrait être là pour 7h30.

Je ne sais pas comment décrire ni expliquer ce qui va suivre, mais c’est comme si le temps s’était arrêté. Littéralement. J’ai eu horriblement mal de 4 à 10cm, et puis le vide. On s’installe gentiment en position d’accouchement: ma SF me demande comment je veux me mettre. Je m’étais imaginée accoucher dans la baignoire, accroupie ou au pire sur le côté. Et puis finalement : je suis tellement mieux sur le dos, en position gynéco ! C’est bien cette position là qui me fait le moins souffrir.
Je suis donc là, allongée, à penser à l’arrivée de mon fils, dans le calme le plus total. C’est comme si, d’un coup, j’étais anesthésiée, et que je ne ressentais plus les contractions. Et pourtant elles sont bien présentes ! Toutes les minutes d’après le monito.


7h30:
Ma SF me demande si je veux pousser. Franchement, je suis bien là, je peux toujours essayer. J’inspire, je pousse en soufflant, apparemment c’est pas mal, il est prêt à sortir. Alors on continue, j’enchaîne les poussées. Bébé descend, mais pas franchement. Plusieurs fois, elle croit que la tête va passer, et puis finalement non. Pendant tout ce temps, je ne me souviens pas avoir souffert, sincèrement. J’étais comme anesthésiée, pleine de bonheur, à imaginer mon fils agrandir notre famille.


8h:
Toujours rien. Je continue de pousser, autant que je peux, mais rien. C’est comme si je voulais le garder encore un peu pour moi, dans mon ventre, et que mon fils était bien d’accord: malgré plus 30 minutes « coincé » dans mon bassin, il ne montrait aucun signe d’inconfort. Voilà, on a pris notre temps pour nous, on est prêts.
Pour en avoir parlé plusieurs fois avec ma  SF ensuite, c’est apparemment très rare, surtout pour un deuxième bébé. Suite à ça, j’ai commandé sur ses conseils ce livre, qui lui a rappelé ce moment partagé !

Elle propose à mon homme de toucher la tête qui est là, prête à arriver, c’est magique !

Sur cette prochaine poussée, c’est l’horreur ! Je sens littéralement mon corps s’ouvrir pour le laisser passer. Mon bassin est en feu, j’ai l’impression de bruler de l’intérieur: le dos, le ventre, les hanches, tout est douloureux.
Je hurle comme je n’ai jamais crié de ma vie. Je repense à ce papa dans le couloir, et à toutes les autres femmes sur le point d’accoucher que je dois effrayer.
C’est plus fort que moi, je souffre comme jamais, et avec le recul, je crois qu’il y avait une grande part de peur aussi. Je ne contrôle plus rien et c’est impossible de revenir dans ma bulle, je perds totalement pied, je n’entends plus rien. Je pousse pendant des minutes qui me paraissent interminables, je hurle, j’ai l’impression que tous mes os se cassent.


8h09:
Et puis, LE moment, celui où mon fils sort enfin. J’ai encore les yeux fermés, la tête tournée vers la porte, quand la sage femme le place sur moi. Immédiatement, toute la douleur ressentie n’existe plus, c’est comme si je n’avais jamais passé les neuf dernières heures à avoir mal.
Mon petit prince, il est là. Il crie, je pleure, je ne réalise pas encore. Il est beau, il est rose, il est doux, il sent bon. C’est mon bébé, mon dieu c’est moi qui ai fait ça. Il est à moi, j’en suis responsable, c’est mon fils. Voilà, quelques minutes après sa naissance, je suis remplie de cet amour inconditionnel, là où pour ma fille il m’aura fallu plusieurs jours.
On me le prend un petit peu pour le peser, l’examiner, juste en face, puis on le posera en peau à peau sur son papa, tout à côté de moi. Pendant ce temps, la SF recoud ma déchirure, ce qui n’est pas agréable mais franchement gérable après tout ça !
Peu après, on place mon fils sur moi, pour le laisser faire connaissance avec ma poitrine, et l’inciter à téter. Il gère comme un chef et en peu de temps, le voilà au sein.

Il met du coeur à l’ouvrage, et je sens à nouveau de fortes contractions qui arrivent. Les fameuses, celles qui annoncent l’expulsion du placenta. Je préviens ma SF et en très peu de temps, le voilà dehors !
Elle s’approche de nous et nous le montre: elle l’examine, regarde si tout est bien là, et nous explique que c’était dans cette poche qu’étaient le liquide et notre fils. On a tous les deux trouvé ça merveilleux qu’elle prenne le temps de nous dire tout ça, on a tendance, en France, à considérer le placenta comme un déchet, mais n’oublions pas qu’il faisait partie du corps de notre bébé in utero !

Les heures ont passé, je ne sais plus très bien ce qu’il s’est passé. J’imagine que j’ai passé tout ce temps à contempler mon fils, admirer ce qu’on a réussi à faire, et que j’ai commencé à réaliser que ça y est, je l’ai fait. Quelle fierté de mettre son enfant au monde naturellement ! Quel bonheur de tout avoir vécu aussi intensément, d’avoir fait naître mon fils avec l’aide psychologique de ma sage femme et de mon homme.
Pour ma fille, la péridurale avait été posée bien trop tôt, sans mon véritable accord, si bien qu’elle ne faisait plus beaucoup d’effet au moment de la poussée. J’ai eu mal mais je vous garantis qu’un accouchement sous péri « qui ne fait pas effet » et un accouchement sans rien du tout, ça n’a absolument rien à voir !

 

A 11h, mon chéri est rentré se reposer de sa nuit blanche, et s’occuper de notre princesse, lui expliquer que ça y est, son petit frère est né.
Ma SF est partie vers 12h, avec beaucoup de paroles bienveillantes et d’amour dans son regard. Elle a été un soutien exceptionnel, un booster de confiance en soi et de fierté. Elle n’a cessé de me répéter que j’étais forte, de me rappeler pourquoi j’avais fait ce choix. C’est grâce à leur présence à tous les deux que j’ai tenu bon, s’ils n’avaient pas été là je n’aurais jamais réussi à passer par-delà la douleur et la peur.
Si tu passes par là, Tessa: MERCI ! Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi passionné par son métier, par l’humain en général, et aussi généreuse dans tout ce qu’elle donne à son entourage.

 

Côté suites de couches…

On m’a apporté un plateau repas, mais j’étais tellement occupée à admirer mon bébé. Si beau, si paisible.
Je n’ai quasiment rien mangé, j’avais envie de vomir donc je n’ai pas touché grand chose. Vers 12h30, on m’a apporté une chaise roulante pour m’emmener en chambre.
Quand je me suis assise, j’ai eu la tête qui tournait tellement, peu à peu je voyais tout blanc, et je n’entendais plus rien. Je me suis rallongée, on a refait un essai qui s’est soldé de la même manière. Plusieurs personnes sont arrivées et on m’a examinée. Comme pour ma fille, j’ai fait une grosse chute de tension à cause de caillots qui n’ont pas réussi à s’expulser tout seuls. On a donc dû me faire la fameuse « expression abdominale » dont on a tant entendu parler dernièrement. J’en avais eu une aussi pour ma fille, mais ces actes ont été nécessaires, sans quoi je risquais bien plus.
Je suis restée sous surveillance un petit moment. On est venu me chercher une deuxième fois, et re-belotte. Cette fois, j’ai réussi à arriver jusqu’au fauteuil, et une fois dans ma chambre on m’a de nouveau appuyé très fort sur le ventre, ce qui était terriblement douloureux mais essentiel. Après ça, j’ai été tranquille.

Ce qui est marrant, c’est que j’ai eu des accouchements et des bébés assez similaires:
Début de travail, fissure de la poche des eaux
Temps de travail, 13h pour ma fille, 12h pour mon fils
Cordon, anévrisme pour ma fille, très gros avec un noeud pour mon fils
Taille et poids, 50cm/3,625kg pour ma fille, 51cm/3,640kg pour mon fils

 

J’ai passé un séjour merveilleux. J’étais en permanence heureuse et confiante, sûre que j’étais la meilleure personne pour m’occuper de mon bébé. Même les réveils nocturnes étaient un bonheur: nos petits rendez vous, des occasions supplémentaires de le contempler.
Aujourd’hui, 3 mois plus tard, aucun coup de blues à déplorer, aucune douleur physique ou morale, aucune gêne, seulement du bonheur à l’état pur.
J’ai un bébé en merveilleuse santé, très vif et tonique, qui a toujours bien pris le sein, un allaitement parfait. On me dit souvent que j’ai de la chance d’avoir un bébé si calme. Je pense qu’il est calme car je suis extrêmement zen, et qu’il n’a à aucun moment été sous l’influence d’un quelconque produit (syntocinon, péridurale…). Il me semble aussi qu’un bébé est « calme » lorsque ses besoins élémentaires sont satisfaits: manger, dormir, être porté, rassuré, câliné. Mais c’est un autre sujet, que j’aborderai sûrement dans un prochain article !

Je ne connais pas de douleur plus intense et plus merveilleuse.
Il est là, mon amour.

1 Commentaire

  1. Ma vie de maman severine wuillemier dit : Répondre

    Ouah bah dis tu vas t’en souvenir,… Pour ma seconde j’ai fait sans peri, mais pas par choix… C’est un drôle d’effet, j’ai bien souffert

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