SOS mon enfant ne dort pas

Plusieurs fois je vous ai parlé du sommeil difficile de ma fille. Ce sujet était dans mes brouillons depuis un moment, et c’est en lisant le billet de Blog de mère que j’ai eu envie de le publier.
Déjà à la maternité, dès son premier jour de vie, elle était très nerveuse et dormait vraiment très peu (genre par tranches de 5-10 minutes) le reste du temps, elle hurlait. Elle avait faim car elle ne prenait pas bien le sein à cause du frein de sa langue qui était trop long et l’empêchait de bien téter. C’est un examen qui doit être fait à la naissance, mais on ne l’a su que bien plus tard, par nous même, à ses 3 mois.

Depuis, on est passé par plusieurs phases.
Jusqu’à ses 6 mois elle a dormi dans son berceau, à côté de moi, dans notre chambre. On avait un T3 avec sa propre chambre, mais il me paraissait plus logique de la garder près de moi, après 9 mois passés dans mon ventre, mais également plus pratique: 4 à 6 réveils par nuit où je n’avais pas à sortir de mon lit. Technique géniale: on préparait le soir tous les biberons avec la quantité d’eau, et j’avais la boîte de lait sur la table de nuit. Quand elle se réveillait, il suffisait de verser la poudre et de lui donner sans même la sortir de son berceau, pour qu’elle se rendorme facilement (ou pas). Le bonheur de l’avoir habituée à boire à température ambiante.
A 6 mois, j’avais repris le travail depuis 1 mois, elle devenait trop grande pour son berceau et se mettait assise, ce qui pouvait être dangereux car il n’avait pas de côtés très hauts. On a donc décidé de la passer dans sa chambre. Le soir, on lui préparait un biberon et on lui donnait couchée dans son lit. Elle était bien, jusqu’à ce qu’on sorte de la chambre. S’en suivait des hurlements. La technique du 5-10-15 n’a même pas été essayée car je n’y crois pas. En tant que maman, je sais reconnaître si ma fille pleure de « caprice » ou de peur, de douleur, d’inconfort… Il ne s’agissait pas de « crises ».
Alors on allait la revoir, encore et encore, on la prenait avec nous, on câlinait… Et finalement on a trouvé le « truc » qui nous aura sauvé plusieurs mois: le portage. Pendant de longues heures on l’a portée, en faisant des centaines d’aller-retour dans notre appartement, et elle finissait pas s’endormir. On pouvait alors aller la coucher, et elle se réveillait 1 à 2 fois par nuit (pour nous, c’était déjà du repos!). Evidemment, quand on s’est dit qu’on avait trouvé LA solution, elle a grandi et ses besoins ont changé. Un peu avant son premier anniversaire, elle ne voulait plus qu’on la porte le soir, elle se laissait faire pendant l’installation mais gigotait, se penchait d’un côté, puis d’un autre, avant de hurler pour sortir.
On a alors dû, encore une fois, innover et trouver comment faire. On a tenté de la coucher mais elle hurlait dès qu’on partait. J’ai pensé qu’elle se sentait enfermée dans son lit à barreaux, maintenant qu’elle savait marché, alors je lui ai aménagé un matelas au sol (inspiration Montessori) et c’était chouette quelques temps: elle allait se coucher seule certains soirs. La plupart du temps, elle s’endormait à côté de nous/sur nous, dans le canapé. Le problème, c’est qu’elle pouvait veiller assez tard, et qu’on était vraiment très très fatigués. Alors un soir, alors que j’étais rentrée tard du travail, épuisée, et que mon chéri se levait à 5h le lendemain matin, on l’a laissée devant un dessin animé, en se disant qu’elle finirait par s’endormir, seule.
Elle l’a fait. Du coup, chaque soir, pendant plusieurs mois, elle s’endormait de cette façon: si elle ne « tombait » pas de fatigue quand on était encore là, elle s’endormait après nous, sur le canapé. On se réveillait dans la nuit pour aller la mettre dans son lit.

Mise au point: on avait testé les « rituels » et elle s’en foutait royalement. On était épuisés, je passais mes soirées à hurler et parfois pleurer de fatigue, j’avais l’impression de tomber en dépression à l’idée de devoir me lever le lendemain matin.

Une nuit, on l’a entendue pleurer quand le film était fini. Il était 3h30.
On s’est dit que c’était plus possible et on l’a prise avec nous, elle s’est endormie.

Du coup, on a essayé, les nuits suivantes, de la prendre dans notre lit quand on allait se coucher: on éteignait toute la maison et on attendait dans le noir qu’elle s’endorme. Au début ça a été très dur, elle pleurait, se relevait… puis elle s’est habituée et s’endormait entre nous, toujours bien tard (23h30 minimum). Je détestais mon mec qui pouvait s’endormir et ronfler tranquille, alors que je devais veiller dans le noir sans rien faire pendant des heures, en attendant qu’elle s’endorme pour aller la mettre dans son lit.
Le problème, c’est que mon Homme travaille en horaires décalés: soit il commence très tôt le matin, soit il finit à 22h. Et cette coquine ne voulait pas dormir tant que son papa n’était pas rentré. J’avais beau la faire manger/doucher plus tôt et qu’on aille se coucher à 20h30, elle tournait dans le lit jusqu’à ce qu’il rentre. Quand elle entendait les clés dans la serrure, elle était excitée et il fallait encore attendre une bonne heure avant de retourner au lit.
Et puis le rythme est venu petit à petit, elle s’est endormie un peu plus tôt, et j’ai arrêté de veiller jusqu’à ce qu’elle tombe dans les bras de Morphée: je m’endormais en même temps qu’elle, voire avant, et je me réveillais dans la nuit pour la transférer dans son lit. Ça a duré au moins 6 mois, et ça nous convenait plutôt bien, petit à petit on arrivait à se coucher plus tôt, elle s’endormait en 20-30 minutes, et on se relevait faire notre vie ensuite.
Cette technique a ses limites: on n’avait plus du tout de soirées à nous, dès qu’il rentrait du boulot on était plongés dans le noir, et une fois qu’elle dormait on était trop fatigués pour se relever et regarder un film. Autre problème: si on allait chez quelqu’un, en vacances ou autre, elle ne dormait ps tant qu’on n’allait pas se coucher. Vie sociale zéro donc…

En emménageant ici, j’avais envie de la coucher directement dans son lit, en lui expliquant qu’elle est grande et doit dormir dans sa chambre. Mais elle a été chamboulée au départ et ne voulait pas nous quitter. On a passé les 5 premiers jours à dormir toute la nuit tous les 3 ensemble, dans notre lit.
Puis on a refait comme avant: on allait se coucher tôt, la maison dans le noir et on attendait qu’elle s’endorme. Mais elle tournait dans le lit, nous sautait dessus, faisait des vocalises, pleurait…

Un jour, mon chéri m’a dit que ça commençait à lui peser de devoir se coucher à 20h45 tous les jours. J’ai compris qu’il était temps qu’on arrête. Si cette technique ne nous posait pas de problème avant, c’est parce qu’on était tous les deux d’accord, et que ça ne nous dérangeait pas.
Je me suis renseignée, j’ai lu des tas de choses que je ne pourrais pas appliquer, d’autres qui m’ont laissée sceptique, j’ai même pensé à appeler Aude Becquart! J’ai retenu 2 choses: créer le fameux rituel du coucher (auquel je ne croyais pas vu mes précédentes tentatives), et ne pas regarder l’enfant dans les yeux pour aller le recoucher s’il se relève, lui dire fermement qu’il est temps de dormir.
J’ai expliqué l’idée à mon Homme qui m’a dit « déjà? Non mais on peut encore attendre… » LA BLAGUE. Je lui ai donc dit que c’était ce soir qu’on commençait, que ça allait sûrement prendre du temps de toute façon. Le soir, on a mangé, débarrassé, joué calmement un petit peu, puis on a pris le bain. Juste avant d’aller dans la salle de bain, j’éteins toute la maison, surtout les écrans.
Après le bain, on va dans sa chambre, on allume une petite lumière, on choisit un livre et elle monte dans son lit. On lui lit l’histoire, elle rigole, s’excite un peu parfois, on lui donne sa tétine, son doudou (celui de la sieste chez la nounou, car elle n’avait jamais voulu de doudou!), on lui dit qu’on l’aime, qu’on est à côté, et qu’elle fasse une belle nuit jusqu’à demain. On ne lui parle pas en langage bébé, mais « tu vas faire dodo » c’est la phrase clé, celle qu’elle reconnaît au moment d’aller se coucher. Alors elle va « faire dodo ».
On a attendu, elle a un peu pleuré, on a attendu car cette fois, je sentais que c’était un cri plutôt qu’un pleur, celui qui sert à s’exprimer et pas à dire « j’ai peur ». Et puis elle a dormi.
Je n’en suis pas revenue: elle a dormi DIRECT!
La deuxième nuit et les suivantes, jusqu’à aujourd’hui, parfois un peu de pleurs, de « crises » parce qu’elle n’avait pas envie d’aller se coucher tout de suite, mais elle ne s’est jamais relevée. Elle a bien compris que quand on la met au lit elle doit y rester, et qu’il faut qu’elle s’endorme seule. Quand les pleurs deviennent trop forts, trop longs, ou qu’ils se transforment en angoisse, on va évidemment la voir, la rassurer, la câliner. Parfois même je m’allonge à côté d’elle, ma main dans la sienne ou sur son ventre. On prend le temps de la consoler 5, 10 ,15 minutes, le temps qu’il faut. Ce n’est pas un échec: elle finira par s’endormir seule dans son lit, on l’aide juste à vivre ça le plus sereinement possible.

Finalement, j’ai été tellement épatée par ma fille! Je ne la pensais pas capable, après 2 ans de galère de sommeil, de comprendre aussi facilement et rapidement. Je me dis que dans l’histoire, c’est peut-être nous qui voulions la garder près de nous, que nous n’avons pas assez réessayé de la coucher seule. Et puis je me dis que c’est aussi bien comme ça: elle a pris le temps pour être rassurée, peut-être plus de temps que les autres mais on a une petite (grande) fille bien dans ses baskets et en confiance.
A Noël, on était dans un appartement qu’elle ne connaissait pas, avec sa mamie qu’elle n’avait pas vue depuis plusieurs mois, et à partir de mon retour de l’hôpital, elle s’est couchée et endormie comme une grande, sans pleurs, parce qu’elle savait qu’on était là et qu’elle pouvait s’endormir tranquille.

sommeil enfant

Après ce long récit, je n’ai pas de recette miracle si votre enfant ne dort pas, juste un conseil: gardez espoir et faites comme vous le sentez. Si vous sentez qu’il a besoin de vous pour se rassurer, gardez le près de vous. Si vous le sentez assez grand pour être plus ferme, soyez le. C’est VOTRE enfant, on s’en fout des conventions. On s’en fout si le bébé de votre cousine a fait ses nuits à la sortie de la maternité ou si votre voisine de pallier pense qu’il fait des caprices. On s’en fout.
L’important, c’est que votre famille soit en accord (papa-maman ou maman-maman ou papa-papa, ça aussi on s’en fout), et que votre enfant soit BIEN.

7 Commentaires

  1. Merci pour cet article. Cela fait du bien de voir qu’on est pas seul dans le cas.
    Mon grand de 26 mois n’arrive pas a dormir chez des amis quand on sort ( ce qui me stresse beaucoup, car c’est le seul dans l’entourage, les autres enfants dorment a 20h sans rien dire…) On a beau avoir laisser pleurer, il hurlait et il lui fallait bien 5/10 minutes pour ce calmé dans nos bras. Depuis je n’essaie même plus de le couché à l’extérieur ! A la maison c’est différent, il y a des soirs ou il pleure, d’autre non. On a d’ailleurs remarqué qu’il pleurait souvent les soirs ou il a « découché » la veille…

    Sa soeur, c’est une autre histoire… On a tous essayé : Laisser pleurer, le bib, la calmer … Et rien à faire, elle se réveillait 3/4 fois dans la nuit et on donnait un bib car elle se rendormait dessus.( chez nous aussi Papa se lève a 4h, du coup on préférait donner un bib pendant 10minutes plutôt qu’elle pleure 2 h) Et puis, On a dit stop plus de bib ( car quand elle dormait chez papy mamie elle faisait la nuit complète la chipie !) Et depuis 15 jours elle nous fait des nuits de folies !

    Je suis bien d’accord avec vous, chaque enfant est différent et à nous de trouver la bonne méthode, même si c’est pas toujours simple..

  2. Je savais pas que vous aviez tant galèré! J’ai fait aussi un billet avec ce qui a marché ici, et c’est un peu le même principe, la fermeté, l’explication.. Les journées et les nuits sont si difficiles quand ils ne dorment pas .. Je vous souhaite de bonnes soirées et nuits 🙂

  3. Hello, merci pour ton article rempli de sincérité ! Je me sens moins seule 😀 Ici Bébi a 22 mois et s’endort toujours avec moi ou avec papa. Ca dépend des périodes… Mais il se réveille toutes les nuits et finit ses nuits avec nous…

  4. Mon fils à toujours eu des problèmes d’endormissement, depuis bébé il ne s’endormait que tardivement et très difficilement le soir, nous avons tout essayé je crois, finalement ça ne s’est pas arrangé par la suite, il manquait de sommeil de manière chronique… C’est une neurologue qui l’a suivi pour des apnées du sommeil qui nous a expliqué l’origine de son problème : son corps ne secrète pas assez de melatonine, l’hormone du sommeil. Elle lui en a prescrit et là, le miracle, dès le premier soir il s’est endormi en 5 mn… Ce n’est pas un somnifère ni un anxiolytique, aucun effet secondaire ou indésirable, j’avais un enfant irritable qui mettait des heures à s’endormir le soir, s’agitait et s’énervait de ne pas trouver le sommeil, mettait 20 mn à émerger le matin, pleurait de fatigue devant son bol tellement il était fatigué…
    a partir du moment où il a pu dormir normalement grâce à la melatonine, sa bonne humeur est revenue et son attention en classe s’est améliorée

  5. Je me rend compte qu’on a eu de la chance avec notre puce malgré qu’elle soit prema : au début à la mater on nous avait dit de la réveille toutes les 3 heures car prema besoin de prendre des forces. Elle a reprise du poids très vite ! Elle a commencé à faire ses nuits au bout de 3 mois et demi on était contents. Bon c’est vrai que même prema on la mise dans son lit directement même si je l’aurai bien gardé un peu mais on s’est toujours dit que ça serait mieux pour elle pour pas qu’elle ait peur de sa chambre en fait. Puis depuis à part qq crises ou oui avec le mal de coeur horrible on la laisse un peu pleurer car on sentait bien que ce n’était pas des cris de peurs on la connaît bien notre poupoune. On a de la chance elle dort bien et mange bien un vrai plaisir !

  6. Ah oui on a toujours eu le rituel du manger bain puis câlin/chanson on s’amuse avec les doudous et susu on fait les bisous au susu puis bonne nuit fais des jolies rêves ❤️

  7. oooooooooooh que oui c’est ce que mon fils m’a appris : ne pas tenir compte des autres et s’écouter! il ne dormait que contre moi, et a fini par faire ses nuits pour ses 2 ans – avec nous! évidemment les jugements vont bon train « fils à maman » et mon médecin « va falloir couper le cordon »… mais je suis partie du principe que c’était MOI qui me levais depuis 2 ans (et faut avouer, dormir 8h d’affilé c’est le pied). Et là, à 2 ans et demi, on est parti en vacances en caravane (donc avec des lits plus petits) et il a dormi seul sans problème… du coup, on est rentré depuis 2 jours et on tente de le coucher dans sa chambre. 1è nuit qu’il a fini avec nous, à voir pour ce soir. Mais déjà, il s’endort seul dans sa chambre c’est déjà top!! on verra les répercussions de l’arrivée de son frère d’ici un mois!

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