Chaque grossesse est différente

J’ai toujours entendu dire que chaque grossesse est différente, j’en saisis aujourd’hui tout le sens !

Moi qui me suis toujours projetée immédiatement après un test positif, cette fois, ça a été plus compliqué. Ce bébé était prévisible (on faisait moyennement attention niveau contraception) mais pas prévu. On en avait envie, mais dans quelques temps. Finalement, après les premières heures de surprise face à la nouvelle, j’ai commencé à me réjouir et à imaginer notre vie future.

Lors de l’échographie de datation, je suis tombée sur un gynécologue particulièrement con, qui m’a rappelé celui que j’avais eu pour Naïa. Très old school, vision de la femme rétrograde, sentiment de toute puissance dû à son titre de médecin, bref.
Il m’a expliqué, sans compassion ni douceur, que j’avais plus de risques de perdre ce bébé que de le voir naître, à cause d’un hématome assez important. Il a essayer de me faire culpabiliser en me disant que c’était probablement dû à l’allaitement, qui provoque des contractions, et que si « je m’en fous de le perdre, alors j’ai qu’à continuer comme ça ».
Forcément, le lien d’attachement a été compliqué : je me suis préparée à le perdre pour souffrir un peu moins si ça arrivait. Résultat, j’arrive au 2ème trimestre en ayant l’impression d’avoir cohabité avec quelqu’un sans apprendre à le connaître.

Autour de 5 mois, mon ventre s’arrondit, les nausées me laissent tranquille, je suis rassurée sur le fait qu’il soit bien accroché : je commence à me projeter à nouveau, et à savourer cette grossesse – peut être la dernière.
Je m’en suis beaucoup voulu de ne pas l’avoir aimé dès le départ, de ne pas l’avoir considéré.

Le reste de la grossesse se passe relativement bien : outre les grosses douleurs dans le bassin (il est déboîté) qui m’empêchent de trop marcher, je commence enfin à en profiter. Je m’imagine le jour de l’accouchement, je ressors mes livres sur les naissances physiologiques, je me renseigne même sur les sage-femmes qui pratiquent l’accouchement à domicile dans ma région (aucune). Je prépare mon sac de maternité, je m’entraîne à la méditation, je rédige mon projet de naissance. Je vois ma sage-femme une dernière fois, on parle de mes envies et elle me confirme que tout est faisable : rien de fou en soi, je demande surtout à rester mobile, à retarder le moment où on coupe le cordon, à boire et manger si je le souhaite, à privilégier le peau à peau immédiat…

Mardi, nous avions rendez-vous à l’hôpital pour le 9ème mois, prendre connaissance de mon dossier etc. Je vais d’habitude seule aux rendez-vous (la face cachée des parents de plusieurs enfants, il faut bien que l’autre les garde !), mais là, ma mère nous propose de prendre Naïa et Noa pour qu’on s’accorde un petit resto à deux le midi, prendre un peu de temps pour nous avant ce nouveau chamboulement.
On arrive donc en consultation, avec le gynécologue qui m’a fait mes 3 échographies obligatoires (j’ai changé d’hôpital immédiatement après cette écho de datation non respectueuse). Il est génial, très à l’écoute, marrant, il prend son temps. On parle de mon projet de naissance, de ce qu’il est possible de faire (quasiment tout) ou non (laisser le placenta s’expulser seul notamment, comme je fais des hémorragies post partum, après 30 minutes c’est trop risqué). On a même une discussion à 3 sur la prise de conscience suite aux #MeToo et aux dénonciations des violences obstétricales. Vraiment, je crois être tombée sur la perle des gynéco.

Il me fait une écho pour vérifier sa position, et on voit bien que, comme à la précédente, sa tête est « coincée » dans ma hanche droite, et ses fesses sous mes côtes gauches. Il est en transverse. Je dis que oui, je le sens car ça me fait souffrir, qu’il pousse des deux côtés, mais je ne suis pas surprise.
Je comprends alors rapidement à sa tête que je n’ai pas saisi le message : la position transverse rend l’accouchement physio impossible.
Il continue son examen, et on voit une boule noire qui prend tout l’écran : j’ai un gros kyste qui se trouve au niveau du col de l’utérus. Il est praevia, ça veut dire qu’il est positionné avant le bébé et le bloque donc dans sa descente.

Aucune autre chance possible que la césarienne. Choc.

Je connais donc aujourd’hui la future date de naissance de mon bébé. Vendredi 28 février. C’est programmé, c’est calé, je suis prévue sur le planning du bloc.

Depuis, j’essaye de digérer la nouvelle, de faire le deuil de mon accouchement rêvé, de me renseigner pour la vivre au mieux et de trouver les points positifs de tout ça : rien n’arrive au hasard, mon bébé a choisi de se mettre dans cette position pour une raison, peut-être pour nous sauver tous les deux, peut-être pour me faire vivre une expérience qui me faisait peur.
En attendant, j’ai encore une semaine pour me renseigner et calmer mes inquiétudes, dont je vous parle bientôt plus en détail.

Laurie

2 Replies to “Chaque grossesse est différente”

  1. Ça va bien se passer Laurie, et c’est une maman de 2 bébés via césarienne qui te le dit. C’est angoissant c’est violent mais c’est pour le mieux pour toi et ton bébé. Puisque la césarienne est prévue ton mari peut être avec toi et aussi bizarre que cela puisse paraître tu peux demander au gynécologue, si il ou elle est sympa il acceptera de te dire quand le bébé sort et de pousser: c’est bien sûr symbolique mais ça aide tout comme penser à ton bébé qui arrive, tu peux aussi demander à avoir le bébé en salle de réveil pour très vite le mettre au sein, normalement ton mari reste avec lui et fait la peau à peau je pourrais te dire encore beaucoup d’autre chose mais me temps me presse je le ferai ici ou sur Instagram bises

    1. Merci d’avoir pris le temps ❤️
      Oui j’ai noté tout ça dans mon projet de naissance re-travaillé, et j’en ai parlé avec le gynécologue. Pouvoir s’y préparer est une vraie chance !

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