Se préparer à une césarienne programmée

Comme je te l’expliquais dans mon article précédent, je vais avoir une césarienne programmée.
Une fois le choc de l’annonce passé (je me préparais à un accouchement physiologique, comme pour Noa), j’ai décidé de me concentrer sur la façon dont je pourrais me préparer à ça, plutôt que de chercher des techniques et « remèdes » pour tenter une voie basse.

J’ai aussi pris le temps d’accepter les sentiments moins chouettes qui sont venus à moi :

La culpabilité d’imposer une césarienne à mon bébé

Quelques phrases qui me sont passées par la tête :
Je suis même pas capable de lui donner la vie
Je n’ai aucun mérite
Mes douleurs ne servent à rien
Je lui impose une naissance violente alors même qu’il n’est pas prêt
Avoir une date fixée, c’est contrôler ce qu’on devrait laisser à la nature 

Et puis, je suis passée rapidement à la phase d’acceptation : je n’ai déjà pas beaucoup de temps (une semaine), autant essayer de s’y préparer au mieux.

Accepter d’accoucher par césarienne

La première étape, ça a été de faire le deuil de l’accouchement rêvé.
Ensuite, j’ai essayé de voir le côté positif de ce changement de situation, et de me concentrer un maximum dessus :
Je vais pouvoir m’organiser au niveau du travail
C’est probablement mieux pour notre santé
Mon kyste sera enlevé en même temps
Il n’y a pas de hasard, s’il s’est positionné de cette façon, il y a une raison
Je vais être opérée par un super gynécologue
On va pouvoir découvrir le sexe du bébé en même temps, sans que je sois dans le cosmos
J’ai la chance d’avoir le temps de me préparer à l’opération, à la douleur

Bref, je lâche prise sur ce que je ne peux pas contrôler et j’utilise mon énergie efficacement.
Probablement que ce bébé nous sauve la vie en se mettant de cette façon, peut-être qu’il vient me faire travailler des points douloureux pour moi, me faire revivre ce qui me fait le plus peur… 👇🏼

Les questions que je me pose avant la césarienne

Est-ce que le lien d’attachement va être impacté, retardé ?
Pour Naïa, j’ai fait une belle dépression post partum et j’ai terriblement peur de revivre cet état. Toutefois, je ne sais pas dire si c’est à cause de la sur-médicalisation de cet accouchement (péridurale, déclenchement, épisiotomie bâclée…) ou du fait que ce soit un premier bébé, avec tous les chamboulements que ça implique.

Est-ce que c’est mauvais pour lui, pour sa santé ? Notamment au niveau respiratoire, je lis que le passage étroit lors d’une voie basse permet « d’essorer » les poumons pour que bébé recrache plus facilement le liquide.

Est-ce que la césarienne va nuire à mon allaitement ? Avec les produits injectés, la succion peut-être pas encore bien acquise à 39 SA, le fait que mon corps n’ait pas produit les hormones pour comprendre que ça y est, bébé est là…

Est-ce que les douleurs post-opératoires vont m’empêcher de m’occuper de lui ? Le porter, le changer, bouger dans le lit la nuit pour l’allaiter…

Est-ce que je vais gérer sans être envahie par la peur les sensations pendant l’opération, la pose de l’anesthésie ? J’en garde un très mauvais souvenir pour Naïa, avec un point douloureux dans le dos pendant 1 an.

Et ma peur ultime, celle de l’hémorragie. Je fais des hémorragies post partum, je le sais, j’y suis préparée. Mais je ne sais pas pourquoi, le fait d’être opérée m’inquiète davantage.

Voilà un peu où j’en suis aujourd’hui !
Je me prépare à accueillir la vie une 3ème fois, en essayant de mettre mes peurs de côté pour ne pas leur laisser trop de place.
J’ai eu la chance d’échanger avec une sophrologue qui m’a donné un conseil merveilleux : reconnecte-toi à ta puissance, la même que j’ai ressentie pour la naissance de Noa, et transmets-la à ton bébé. Sa mise au monde sera différente, mais ma puissance dans cet enfantement est la même.

Et toi, tu as vécu une césarienne ? Comment ça s’est passé ?

8 Replies to “Se préparer à une césarienne programmée”

  1. Bonsoir Laurie.
    Il y aura 11 ans dans quelques jours (le 24), j’ai accouché par césarienne de mon premier bébé, Gabriel.
    Ce n’était absolument pas prévu que ça se passe comme ça. Après avoir percé la poche des eaux à la maison, direction la maternité. Les eaux coulent comme dans les films, je pars marcher à grand renfort de protections pour que mon col s’ouvre. Au bout de quelques minutes, je dois aller me changer aux wc, mes protections sont saturées. Quand je me déshabille, l’effroi : du sang partout, sur les protections, ma culotte, mon pantalon. Des caillots, je mets du sang partout dans les wc. La gêne est immense, comme la panique. J’arrive en salle d’examen, puis passe immédiatement en salle de naissance. Échographie. Mon placenta a bougé (surprise !!!! ) et recouvre le col… Césarienne. La péridurale ne fonctionne pas comme il faut (et pour cause, on découvrira quelques mois plus tard que j’ai une hernie discale (même deux) juste là où l’anesthésiste doit piquer.
    Bref, au moment de vérifier l’insensibilité, bah, mes jambes ne sont pas insensibles… Anesthésie générale. Gabriel est né le jour de mardi gras, à 1h33. Rien de très encourageant de prime abord pour toi, mais le fait que ce soit programmé, je pense que ça change tout. Vraiment tout. Quand ce n’est pas dans l’urgence, pouvoir se préparer, accepter… Et puis connaître l’équipe qui s’occupera de toi, de vous.
    Quand je suis sortie du bloc, on m’a présenté mon bébé, mais j’étais vraiment dans le coaltar. Ma sage-femme est descendue avant la fin de son service me présenter plus longuement Gabriel en salle de réveil. Je peux encore te dire de quel côté elle se trouvait avec mon poupon dans les bras.
    Je suis arrivée dans ma chambre vers 10h et on m’a apporté Gabriel. À partir de là, je n’ai plus voulu le quitter. Lui de qui j’avais été séparée de si longues heures. Moi qui suis une douillette doublée d’une peureuse, je demandais le midi même à me lever pour aller aux wc, j’ai une phobie des haricots. On m’a proposé de mettre Gabriel à la pouponnière pour que je me repose. J’ai bien évidemment refusé. Lors de sa première nuit, je me suis occupée entièrement seule de lui. Le prendre du berceau, me lever pour aller le changer. Comme si sa naissance, notre séparation m’avait fait oublier la douleur. J’aurais pu déplacer des montagnes pour lui.
    Je l’ai allaité, la position ballon de rugby m’a aidée quand la cicatrice était un peu trop sensible. J’ai eu ma montée de lait, le jeudi après-midi (il est né le mardi à 1h33), et il tétait comme un chef. Tout comme ses frères, lui compris, né à 38SA.
    Pour l’attachement, ça a été compliqué, mais nous avons une histoire un peu difficile, et pas d’accompagnement spécifique pour ce type de naissance (j’ai pu lire plus tard que des ostéopathes proposent de faire «vivre un accouchement par voie basse» à ces petits nés ainsi, c’est une piste à explorer pour vous ! je l’ai découvert quand Gabriel avait 4 ou 5 ans :/ )
    Bref, je te souhaite une bien jolie rencontre

    1. Merci de m’avoir livré cette partie de ton histoire ! Oui, je trouve aussi que j’ai beaucoup de chance de pouvoir m’y préparer avant. J’imagine que ça a dû être difficile pour toi, privée de ton bébé de longues heures. Mais quelle force d’esprit d’avoir pu t’en occuper immédiatement !
      Merci pour ton commentaire !

  2. J’ai eu 2cesariennes en « urgence » sans pour autant que ma vie et celle de mon bébé soient menacées. La 1ere pour mon aînée apres 10h de travail et un col qui ne s’ouvrait plus. Le choc pour moi,la déception immense et aucune preparation psychologique a ce qui allait m’arriver ce qui m’a valu le coup de plutôt mal m’en remettre je trouve. Et pour ma dernière dépassement de terme,un gros bébé trop haut placé, un fort risque de prolapsus du cordon le gynéco n’a pas voulu prendre de risque. J’avais fait de la sophrologie pour cette preparation a l’accouchement car jenvisageais un accouchement naturel également, la déception encore une fois mais je savais a quoi m’attendre et grâce a la sophro j’ai pu me mettre dans ma bulle pendant l’intervention parce qu’on ne va pas se mentir,ce n’est pas du tout douloureux mais c’est extrêmement désagréable et ça j’aurais aimé le savoir avant ma 1ere cesarienne,ça m’aurait aidé a me préparer. On sent que ça bouge dans le ventre,que ça trifouille,c’est vraiment étrange comme sensation. Mais en aucun cas ça n’a joué sur les lactations,j’ai pu allaiter mes enfants comme prévu ☺.
    Je te livre ça comme ça pour finalement te dire que si tu acceptes cette intervention psychologiquement je pense que tout ira bien,j’ai vraiment vu une différence entre mes 2cesariennes. Je te souhaite bon courage et une merveilleuse rencontre

    1. Merci beaucoup pour ton retour ! Et oui, je mesure la chance que j’ai de pouvoir m’y préparer et ne pas la vivre en urgence

    2. Un petite message pour te raconter ma césarienne même si je trouve que tu as déjà fait une bonne partie du chemin vers l’acceptation. Mon 3ème garçons était positionné en siège dès le debut de ma grossesse mais je pensais pouvoir accoucher sans problème avec un bb dans cette position… je ne me suis donc pas imaginée une seconde lui donner naissance autrement que par voie basse comme ses frères. Mais dans le dernier mois, résultats des mesures du scanner pas compatible avec une naissance par le siège . Verdict : césarienne programmée 1 semaine après. Le choc je ne suis pas prête du tout pour moi c un echec, je vais être opérée je ne vais pas donner naissance à mon bb, le corps médical a décidé du jour bien avant mon terme … sentiment terrible. La chose qui m’inquiète le plus c le post partum comme toi ne pas pouvoir m’occuper de mon bébé, de mes autres enfants …. autour de moi toutes les mamans cesarisees sont restées allitees très longtemps. Le jour J je suis une boule d’angoisse je pleure beaucoup, l’intervention est éprouvante pour moi comme te dit la maman du commentaire précédent : la sensation est désagréable vraiment on te fouille le ventre, jai des sueurs froides, des naussees, des vomissements pendant tout l’accouchement… mais je pense que mon état d’esprit y a beaucoup joué. Mais dès que jai vu et même pu serrer mon bebe dans un bras ! Tout c envolé. Je suis restée plus de 2h en salle de reveil (suspicion de rupture des points internes, tachicardie …) une éternité mais tous les soignants ont été top. Dès mon retour en chambre je n’ai plus lâché mon bébé : allaitement, change, nuit … sans aucune aide donc c faisable … je suis sortie à J3 (contre avis médical mais jai horreur du séjour en mater) et jai pu gérer mes 2 grands et bébé allaité à mon retour à la maison sachant que mon conjoint n’a pas pris son congé paternite à ce moment-là.
      Une sage femme est passée pendant une semaine à la maison c même elle qui a retiré les agrafes. Voilà pour mon retour. Si tu as des questions et si je peux y repondre ce seras avec plaisir. Je te souhaite une merveilleuse rencontre avec ton petit bout .

  3. C est un beau cheminement que tu as là ! Et oui, tu es puissante, meme si tu as un coup de main pour la naissance de ce petit bout !
    J ai eu une césarienne en urgence pour ma 1ere, et une césarienne « programmée pour ma 2’de (j etais a la clinique pour l estimation du poids et un rdv a 40sa) et mon gyneco m a appelé pour me proposer une césarienne…. 2h après !
    Je n ai jamais eu peur parce que j etais entre de bonnes mains, et que j allais rencontrer mon bébé.
    Mes filles sont passées par la fenêtre au lieu de passer par la porte pour rencontrer le monde, et ca leur va bien, avec leurs caractères, leurs émotions !
    Et j ai allaité ma 2nde de 2 ans et demi, on vient d arrêter 13 janvier. J ai pu la porter (malgré ses 4.3 kilos et la césarienne !), l allaiter, et on a un lien ♥️♥️♥️
    Je suis d accord, si bébé s est mis comme ca, c est pour une bonne raison.
    Je t embrasse ♥️♥️♥️

    1. Merci beaucoup pour ton retour, j’aime cette façon de voir leur naissance « elles sont passées par la fenêtre au lieu de passer par la porte » ❤️ Ça me rassure vraiment de te lire, merci !

  4. N’aie pas peur et laisse toi guider.
    Mes jumeaux sont nés le 27.06.2017, le premier par voie basse et le second 1h plus tard par césarienne d’urgence sous anesthésie générale (j’avais trop mal suite à 4 jours de coliques nephretiques, trop épuisée–> tu as de la chance d’avoir reussi a calmer la douleur !)
    On ne m’a pas donné de nouvelles des enfants à mon réveil car je n’étais pas dans le service maternité. J’ai pu les voir 10h plus tard, un en rea et l’autre en soins. Mais j’ai senti que c’était nécessaire ainsi et le repos forcé m’a aidé puisque des le lendemain je m’occupait de mes bébés en unité kangourou sans aide (la cesa fait mal mais largement supportable pour s’occuper de bébé–> et encore je m’etais fais opéré du rein le jour d’avant !)
    Je ne garde aucun mauvais souvenir car j’ai vraiment eu l’impression que le relai a été pris par le papa et les infirmières, j’étais sereine. Belle rencontre à vous !

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